Un an de pandémie : comment en est-on arrivé là, date par date ?

Le 31 décembre 2019, la Chine avertit l’OMS qu’un nouveau coronavirus a fait son apparition sur son territoire. Le premier cas de Covid-19 remonterait officiellement au 17 novembre 2019. Son origine ? Une vente illégale de viande de pangolin sur un marché de Wuhan. Retour sur une année de pandémie qui a bouleversé l’humanité et qui marquera ce début de 21e siècle.

En janvier, soit plus d’un an après que la Chine ait annoncé la découverte d’un nouveau virus à l’OMS, l’Organisation mondiale de la santé lancera enfin une enquête sur l’apparition de la maladie. S’agit-il bien d’un virus zoonotique — si oui, de quel animal vient-il ? Ou bien est-il issu d’un laboratoire ? Sa diffusion serait-elle volontaire ou accidentelle ? Toutes ses questions devraient trouver réponse grâce à 10 scientifiques de différentes nationalités et domaines d’expertise qui se rendront dès janvier à Wuhan, a annoncé l’OMS mercredi 16 décembre. Mais en attendant d’avoir les conclusions de cette enquête, revenons sur les événements qui ont marqué la pandémie de Covid-19.

17 novembre 2019

Le premier cas officiel d’un coronavirus encore inconnu est détecté dans la ville de Wuhan, située dans la province du Hubei, dans le centre de la Chine. Il s’agit d’un homme de 55 ans. Il est considéré comme le patient 1, bien qu’il n’y ait toujours aucune preuve formelle qu’il est le premier être humain à avoir développé la maladie. Certains pensent que le virus circule depuis bien plus longtemps, mais que ses symptômes, proches d’une grippe ou d’une pneumonie, lui ont permis de rester caché. Plus tard, les autorités chinoises diront que l’origine du Covid-19 est le marché aux fruits de mer de Wuhan, car une grande partie des cas détectés par la suite ont un lien avec cet endroit.

Marché de Wuhna, via AP Images

31 décembre 2019

La Chine annonce à l’OMS l’apparition d’un nouveau virus sur son territoire. Plusieurs dizaines de personnes en sont infectées. Les autorités ne savent pas donner énormément de détails sur la maladie. Ils savent seulement que cela ressemble à une pneumonie. Un an plus tard, au début du mois de décembre 2020, des documents chinois officiels fuitent et montrent à quel point le pays n’était pas préparé à l’apparition d’un tel virus sur son sol. Minimisé, volontairement et involontairement, le virus se répand comme une trainée de poudre.

11 janvier 2020

Le 11 janvier 2020, une première personne atteinte de ce nouveau coronavirus décède en Chine. Il s’agit d’un homme de 61 ans qui fréquentait souvent le marché de Wuhan. Le virus est désormais considéré comme mortel. Et malheureusement, c’est le premier mort d’une longue série. Plus de 1,673 million de personnes sont décédées officiellement des suites d’une infection au SARS-CoV-2 (le nom scientifique de ce virus). Ce nombre pourrait être sous-estimé. Tout le monde ne comptabilise pas ses morts de la même manière, et certains Etats ont sans doute maquillé leurs chiffres réels.

Selon les chiffres officiels, la Chine n’aurait recensé que 4.634 décès dus au Covid-19, soit bien moins que les pays qui seront touchés par la suite comme l’Italie (65.000 morts), le Royaume-Uni (64.400 morts), les États-Unis (308.000 morts) ou encore le Brésil (184.000 morts). Toutefois en mars, alors que l’épidémie se terminait en Chine, des images d’une morgue de Wuhan montrent des dizaines de milliers d’urnes mortuaires. Elles sont distribuées aux familles des personnes décédées peu avant le jour des Morts. La Chine est accusée de minimiser l’impact réel de son épidémie.

Urnes funéraires dans la morgue de Hankou, à Wuhan. (Caixin)

21 janvier 2020

Le virus atteint les États-Unis. La victime est un homme d’une trentaine d’années qui avait voyagé en Chine quelque temps auparavant. Il est mis en isolement dès les premiers symptômes de ce qui semblait être, à première vue, une pneumonie. Le virus n’avait jamais voyagé aussi loin jusqu’à présent. 10 jours plus tôt, il avait été détecté pour la première fois en dehors de la Chine, chez une Thaïlandaise de 61 ans. Il avait ensuite été repéré en Corée du Sud, au Japon et à Taiwan.

À l’époque, les connaissances sur le virus étaient encore très limitées, comme le prouve ce reportage de France24.

23 janvier 2020

La Chine met la ville de Wuhan en quarantaine. 11 millions d’habitants ne peuvent plus en sortir. Les transports sont fermés, tout comme l’aéroport. La population est priée de rester chez elle. Dans les jours suivants, c’est toute la province de Hubei qui est placée en confinement.

Wuhan – Isopix

30 janvier 2020

L’OMS déclare l’urgence internationale pour l’épidémie de coronavirus. Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur de l’organisation, appelle à une ‘action internationale coordonnée’. À l’époque, 213 personnes étaient déjà décédées du virus. Toutefois, l’OMS s’opposait encore à une restriction des voyages. Elle n’ose pas encore parler de ‘pandémie’. Le directeur de l’OMS se justifie : ‘La pandémie n’est pas un mot à utiliser à la légère ou avec négligence. C’est un mot qui, s’il est utilisé à mauvais escient, peut provoquer une peur déraisonnable ou au contraire une résignation injustifiée de la fin du combat, entraînant des souffrances et des morts inutiles.’ Le lendemain, les États-Unis interdisaient l’entrée sur le territoire à toute personne qui s’était rendue en Chine dans les 14 jours précédents.

7 février 2020

Le docteur Li Wenliang, atteint du Covid-19 (Isopix)

Le médecin et lanceur d’alerte Li Wenliang décède. Il avait tenté de prévenir le secteur médical de l’apparition d’un nouveau virus à Wuhan. Au lieu de l’écouter, les autorités chinoises lui avaient fait signer un papier dans lequel il affirmait avoir inventé ce virus. Il finit par être infecté du virus et décède peu de temps après. Sa mort a provoqué la colère de la population chinoise. D’autres personnes ont tenté d’enquêter sur la gestion de la maladie dès les premiers jours, mais ont toutes mystérieusement arrêté peu de temps après. C’est par exemple le cas de Chen Qiushi, 34 ans, qui a été ‘placé en quarantaine, loin de sa famille’, alors qu’il enquêtait sur les hôpitaux à Wuhan. Quand il a été libéré, il n’a plus tenté de parler du virus.

8 mars 2020

Le virus atteint l’Europe et son épicentre se trouve en Italie. 15 provinces sont mises en quarantaine le 8 mars. Tout comme en Chine, les habitants ne peuvent plus sortir de chez eux. Seules les sorties pour raison de santé, de travail d’approvisionnement sont acceptées. Cette mesure devait durer un mois, elle sera finalement élargie au reste du pays quelques jours plus tard et durera plus de deux mois.

Le 12 mars l’OMS se décide enfin à parler de pandémie.

Les rues de Venise au début du confinement italien (Isopix)

18 mars 2020

À midi exactement ce jour-là, toute la Belgique entre en confinement. Tout le monde doit rester chez soi. Seuls les déplacements dits essentiels sont autorisés. Les Belges peuvent encore effectuer quelques courses, se promener dehors (mais les rassemblements sont interdits) ou aller chez le coiffeur (ils fermeront quelques jours plus tard). Seuls les travailleurs essentiels peuvent se rendre sur leur lieu de travail. Cela reprend le personnel de soins de santé et des magasins encore ouverts. Pour les autres, le télétravail est obligatoire. Si l’entreprise est dans l’incapacité d’organiser le télétravail, elle doit tout simplement fermer. Le déconfinement s’achèvera définitivement près de deux mois plus tard, le 4 mai.

Ce premier confinement est marqué par la peur du virus. Les rues sont désertes, les règles appliquées. Une ambiance particulière qu’on ne retrouvera pas totalement lors du deuxième confinement, une saison plus tard.

Les rues vides de Bruxelles, l’après-midi où le confinement a été imposé. (Isopix)

Le 2 avril 2020

Le nombre de cas confirmés de coronavirus dépasse la barre des 1 million de personnes. À l’époque, ce chiffre avait choqué tout le monde. Les régions les plus touchées étaient l’Europe, les États-Unis et l’Amérique du Sud. Plus de 51.000 personnes décèdent alors du virus. Ce 18 décembre, nous sommes à 75 millions de cas et 1.674.505 morts.

En Belgique, les hopitaux vivent le ballet incessant des ambulances amenant de nouveaux patients atteints du Covid-19 (Isopix)

Du 15 au 20 avril 2020

De nombreux pays ont placé leur population en quarantaine, ce qui ne plait pas forcément aux citoyens qui ont décidé de manifester leur mécontentement dans les rues. Cette semaine du 15 au 20 avril a été marquée de nombreuses manifestations dans le monde qui se sont épuisées par les effets du temps, et des mesures de déconfinement qui vont suivre.

Usa Today Network / Sipa USA

Au Brésil et aux États-Unis, les chefs d’État minimisent les dangers de la maladie et cela encourage les gens opposés au confinement à se réunir en masse, parfois armé, pour demander une réouverture. En Allemagne, la population respecte mieux les règles. Les manifestants restent immobiles à plus de 1,5 mètre de distance pour éviter la propagation du virus. Ils ne contestent pas le principe de confinement, mais certaines règles qu’ils jugent absurdes.

11 mai 2020

Si le déconfinement a commencé le 4 mai en Belgique, ce n’est qu’une semaine plus tard que la population a pu réellement en profiter. Les magasins dits non essentiels rouvrent : vêtements, ameublement, décoration, etc. Les Belges ont enfin une raison de sortir de chez eux, et ils en profitent. Mais les magasins sont pris d’assaut et d’immenses files se sont formées devant les portes des magasins. Le public respectait généralement les distances de sécurité, mais la photo de la rue Neuve bondée suscite de nombreuses réactions.

La rue Neuve, au premier jour de la réouverture des magasins (Isopix)

Septembre et octobre 2020

Après un été relativement calme, vécu par beaucoup comme une libération, le mois de septembre marque la reprise encore timide de l’épidémie en Europe. De nombreux experts nous expliquent toutefois que l’on ne se trouve pas dans la situation du printemps dernier.

Les chiffres vont progressivement leur donner tort. Petit à petit, les records du printemps dernier sautent un à un.

2 octobre 2020

Le président Donald Trump est testé positif au Covid-19. Il est très rapidement hospitalisé, ce qui a mis sur pause la campagne présidentielle. Comme il refuse de porter le masque et de respecter la distanciation sociale, plusieurs dizaines de membres de son entourage ont été infectés. Après avoir reçu un traitement, Trump retourne sur le terrain visiblement affaibli.

Quelques heures après son hospitalisation, Trump souhaite adresser un message à la population pour rassurer son électorat:

2 novembre 2020

Il est là. La Belgique connait son 2e confinement. Les commerces non essentiels doivent fermer, il n’est possible d’inviter qu’une seule personne chez soi et les métiers de contacts doivent s’arrêter. Les restaurants et cafés avaient déjà fermé deux semaines auparavant. Contrairement au premier confinement, les écoles primaires et secondaires restent ouvertes, le congé de Toussaint a seulement été quelque peu rallongé. Les mesures devaient durer jusqu’au 13 décembre, mais suite à la réouverture des commerces en France, la Belgique a suivi le pas et les commerces non essentiels ont pu rouvrir dans la foulée. Les autres mesures sont par contre toujours d’application.

9 novembre 2020

C’est l’annonce qu’on attendait tous: Pfizer et BioNTech déclarent que leur vaccin est efficace à 90%. Cet événement redonne de l’espoir à la population qui subit une seconde vague de contaminations. Il faut toutefois encore attendre que les agences nationales des médicaments approuvent le produit pour qu’il soit commercialisé puis distribué. Dans la foulée, Moderna annonce que son vaccin est efficace à 94,5%. Le vaccin d‘AstraZeneca est le 3e à se positionner.

Une dose du vaccin Pfizer/BioNTech (Isopix)

8 décembre 2020

Le Royaume-Uni est le premier pays au monde, après la Russie et son vaccin toujours controversé, à commencer la vaccination de masse. Le personnel soignant de première ligne, les employés des maisons de repos et les personnes âgées de plus de 80 ans ont la priorité pour recevoir le vaccin. 6 jours plus tôt, le pays était devenu le premier à autoriser sur son sol le vaccin de Pfizer, sans attendre la réponse de l’Agence européenne des médicaments. En une semaine, 140.000 Britanniques ont reçu la première dose du vaccin.

Margaret Keenan, 90 ans, est la première personne à être vacciné au Royaume-Uni (Isopix)

Depuis, les États-Unis, le Canada et Israël (en plus de la Chine et de la Russie) ont commencé la vaccination. Le vice-président américain Mike Pence s’est notamment fait vacciner en direct à la TV. L’Europe attend elle que l’Agence européenne des médicaments valide les candidats-vaccins. Certaines autorisations pourraient intervenir d’ici la fin de l’année 2020.