La Chine place l’équivalent de la population belge en quarantaine

AP Photo/Mark Schiefelbein

Les autorités chinoises veulent prévenir tout risque de pandémie et placent la ville de Wuhan (11 millions d’habitants) en quarantaine. À l’approche du nouvel an lunaire chinois, la Chine redoute une accélération de la transmission du mystérieux coronavirus.

Alors que l’OMS a reporté hier sa décision sur le statut du virus, la Chine prend les devants pour éviter d’étendre la contagion du coronavirus. Les autorités ont imposé une mesure de quarantaine pour la ville de Wuhan, considérée comme point de départ de la maladie. Le gouvernement local de Wuhan a déclaré qu’il allait fermer tous les réseaux de transport urbain et suspendre les vols au départ de la ville à partir de 10 heures (3 heures chez nous) ce jeudi, selon les médias d’État. La ville compte 11 millions d’habitants (l’équivalent de la Belgique) et est un important noeud de transport pour la partie centrale du pays, ainsi qu’un centre industriel et commercial.

Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré aux journalistes à Genève que les actions de la Chine jusqu’à présent étaient ‘très fortes’ mais a appelé Pékin à prendre ‘des mesures plus nombreuses et plus importantes pour limiter ou minimiser la propagation internationale’.

‘Nous leur avons souligné qu’en prenant des mesures énergiques, non seulement ils contrôleront l’épidémie dans leur pays, mais ils minimiseront également les risques de propagation internationale de cette épidémie. Ils reconnaissent donc cela’, a-t-il déclaré. L’OMS doit rendre ce jeudi sa décision sur l’urgence internationale accordée au virus.

Éviter la propagation mondiale

Les autorités chinoises ont confirmé 571 cas et 17 décès à la fin de la journée de mercredi, a déclaré jeudi la Commission nationale chinoise de la santé. La commission a indiqué que 393 autres cas suspects avaient été signalés.

Il y a huit autres cas connus dans le monde – la Thaïlande a confirmé quatre cas, tandis que les États-Unis, Taiwan, la Corée du Sud et le Japon en ont chacun signalé un. Au moins 16 personnes ont été en contact étroit avec un homme de l’État de Washington diagnostiqué avec le virus et sont sous surveillance.

Les marchés accusent le coup

Les marchés boursiers de toute l’Asie ont été mis à mal par le virus jeudi, avec des chutes d’environ 1,5 % à Hong Kong et Shanghai, tandis que le yuan chinois a atteint son plus bas niveau depuis deux semaines.

De leur côté, un nombre croissant de sociétés chinoises cotées en bourse – allant des entreprises de biotechnologie aux fabricants de médicaments, de masques et de thermomètres – affirment qu’elles participent activement à une guerre menée par le gouvernement contre le coronavirus de Wuhan.