L’UE va sacrifier Navalny pour les vaccins russes

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L’Union européenne vaccine 25 fois moins vite qu’Israël, 7 fois moins vite que le Royaume-Uni de Boris Johnson (le week-end dernier, jusqu’à 1 000 vaccinations par… minute) et 4 fois moins vite que les États-Unis. Cependant, dans une récente interview accordée au journal français Le Monde, la présidente de la Commission Européenne, Ursula von der Leyen, a maintenu sa position. Elle a défendu la stratégie de l’UE . Von der Leyen est connue pour ne jamais admettre ses erreurs.

La vaccination reste une course contre la montre. Israël rapporte une baisse de 35 à 40% des hospitalisations, maintenant que déjà plus de 60% de la population a été vaccinée. Dans le même temps, le nombre d’admissions à l’hôpital parmi la population non vaccinée explose.

Si l’UE continue de vacciner à ce rythme, nos hôpitaux seront inondés de nouveaux cas du variant britannique. Il en résultera des milliers de nouveaux décès et des lockdowns qui dureront des mois. En raison de sa politique catastrophique d’achats de vaccins, l’UE n’a guère d’autre choix que de sacrifier Alexei Navalny sur l’autel du politiquement correct et d’importer le vaccin Spoutnik V.

Notre relation avec la Russie reste ce qu’elle a été pendant des années: transactionnelle

Les politiciens allemands l’ont déjà compris. Un certain nombre de responsables de haut rang – dont Angela Merkel et Martin Schulz – ont déclaré ce week-end que le projet Nord Stream 2 devrait être découplé de la détention de Navalny. Ce qui, en termes humains, signifie: nous avons du mal à accepter l’arrestation de Navalny, et pourtant nous continuons à faire des affaires avec Vladimir Poutine. Ainsi, notre relation avec la Russie, même en dépit de Navalny, reste ce qu’elle a été pendant des années: purement transactionnelle.

La semaine dernière, la ministre allemande de la Santé Jen Spahn et le responsable du programme national de vaccination français Alain Fisher ont donc ouvert la porte aux vaccins russes et chinois. L’Europe devrait envisager de les utiliser, si ils sont sûrs. Une possibilité qui, jusqu’à récemment, semblait impensable. Le vaccin russe semble particulièrement en valoir la peine. Les résultats de l’étude de phase 3 récemment publiés dans la célèbre revue médicale The Lancet montrent qu’il présente un très haut degré de protection: 91,6%. Pourtant, certains de nos experts ont rejeté Spoutnik V l’été dernier, le qualifiant de ‘coup de pub de Moscou’.

100 millions de doses au deuxième trimestre

Dans l’intervalle, au milieu d’un conflit aux enjeux importants entre l’Union européenne et le géant pharmaceutique AstraZeneca, le fabricant du vaccin russe contre le coronavirus Spoutnik V a déjà formulé à l’UE ce qui semble être une offre alléchante. L’UE pourrait recevoir 100 millions de doses de Spoutnik V dès le deuxième trimestre de cette année. Cela permettrait de combler l’énorme vide laissé par un revers dans le calendrier de livraison d’AstraZeneca.

Poutine ne fait pas cela par charité, mais pour faire ce qu’il fait le mieux. À savoir, utiliser le vaccin russe comme un outil supplémentaire pour encourager la discorde au sein de l’UE. La Hongrie, qui suit déjà sa propre voie au sein de l’UE depuis un certain temps sous la direction d’Orbán, en est la meilleure preuve. Le pays a déjà approuvé Spoutnik V et en a commandé 2 millions de doses.

Le haut représentant européen pour les affaires étrangères, Josep Borrell, a également fait l’éloge du vaccin russe lors d’une visite à Moscou la semaine dernière. Il a qualifié Spoutnik V de ‘bonne nouvelle pour l’humanité’. Borrell ‘espère que l’Agence européenne des médicaments (EMA) approuvera bientôt l’utilisation du vaccin’ dans l’UE. Non sans joie malicieuse, les Britanniques ont parlé d’une ‘masterclass dans la pire des diplomaties de l’Union européenne’.

Borrell voulait faire pression sur Moscou dans l’affaire Navalny, mais il a finalement été anéanti par le ministre des affaires étrangères Lavrov. Le Russe a qualifié l’UE de ‘partenaire peu fiable’. Moscou sait depuis longtemps qu’il est préférable de négocier directement avec les pays de l’UE qu’avec Bruxelles.

‘L’endroit où vous êtes assis est chaud et vous pouvez remercier le gaz russe pour cela’

Derk Sauer, le fondateur néerlandais du Moscow Times, ne voit aucun problème dans le déploiement de Spoutnik V. ‘Il n’y a aucun problème avec le vaccin contre le coronavirud. Nous ne devrions pas nous indigner de manière sélective. Là où vous vous trouvez actuellement aux Pays-Bas, il fait chaud, et vous devez remercier le gaz russe pour cela. Nous pouvons à la fois soutenir Navalvy et déployer le vaccin Spoutnik V,’ assure-t-il dans Het Parool.

Sauer a raison: une grande partie de l’UE dépend du gaz russe, car la transition énergétique a été mal gérée. Une grande partie de l’UE va maintenant déployer des vaccins russes parce que la stratégie de vaccination est défectueuse.

Si l’UE ne veut plus vivre uniquement pour éviter la mort, elle soutiendra verbalement Navalny et ravalera simultanément sa fierté en commandant des vaccins à Poutine. Nous allons faire des affaires avec la Russie. Les politiciens et les beaux parleurs qui s’y opposent jouent avec des vies humaines.