Principaux renseignements
- Le nombre de brasseries belges est passé sous la barre des 400.
- La baisse de la demande intérieure et le recul des exportations sont à l’origine du marasme du secteur.
- L’augmentation des investissements dans les boissons non alcoolisées ne parvient pas à compenser les pertes subies sur le marché traditionnel.
Le secteur brassicole belge traverse une période de déclin soutenu, le nombre total de brasseries en activité étant passé sous la barre des 400 pour la première fois depuis 2021. Les données récentes de la fédération sectorielle, Belgische Brouwers, indiquent une tendance inquiétante caractérisée par une baisse de la demande intérieure, un recul des exportations et une diminution du nombre de producteurs. Actuellement, seules 395 brasseries sont encore en activité après la fermeture de 28 établissements l’année dernière, tandis que seules 12 nouvelles entreprises ont vu le jour.
La baisse de la consommation
Le comportement des consommateurs a considérablement évolué au cours de la dernière décennie, la consommation de bière ayant chuté de près de 20 pour cent. Rien que l’année dernière, la consommation nationale a baissé de 3,2 pour cent, pour atteindre environ 6,19 millions d’hectolitres, soit 2,5 milliards de verres. Cette tendance à la baisse s’étend également au marché international. Les exportations, qui représentent généralement 70 pour cent de la production nationale de bière, ont enregistré une baisse de 4,8 pour cent.
Plusieurs facteurs contribuent à le ralentissement du secteur. La fédération cite l’instabilité mondiale qui affecte les ventes à l’étranger, la hausse des coûts d’exploitation et l’évolution des préférences en matière de santé publique. En outre, l’organisation fait valoir que le poids croissant des réglementations gouvernementales rend plus difficile le fonctionnement efficace des entreprises.
Le virage vers les alternatives sans alcool
Pour s’adapter à ces changements, les entreprises se tournent vers des alternatives à faible teneur en alcool et sans alcool. Bien que les investissements dans ces catégories aient augmenté de près de 20 pour cent l’année dernière pour atteindre 213 millions d’euros, cette croissance n’a pas suffi à compenser les pertes plus générales enregistrées sur le marché traditionnel de la bière.
De plus, les niveaux d’investissement globaux restent bien en deçà du pic de 300 millions d’euros atteint en 2021.
Un soutien accru à l’innovation
Krishan Maudgal, directeur de Belgische Brouwers, exhorte le gouvernement à apporter davantage de soutien et de flexibilité afin de favoriser la poursuite de l’innovation. Il souligne l’importance économique du secteur, en précisant qu’il génère 4 milliards d’euros de chiffre d’affaires – soit 1 pour cent du PIB national – et soutient plus de 6 600 emplois directs et environ 50 000 emplois indirects.
(at)
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