Principaux renseignements
- L’écrasement d’un B-52H à la base aérienne d’Edwards a coûté la vie à huit personnes lors d’un vol d’essai radar.
- Cette tragédie marque la première perte d’un bombardier B-52 depuis une décennie.
- Le B-52 faisait partie d’un programme de modernisation du radar, même s’il n’a pas encore été confirmé que cela ait été la cause de l’accident.
Un B-52H Stratofortress a été détruit lors d’un vol d’essai à la base aérienne d’Edwards, en Californie, le 15 juin. La mission avait spécifiquement pour but d’évaluer un nouveau système radar, qui constitue la pierre angulaire du plan de modernisation de la flotte de bombardiers de l’armée de l’air. Peu après le décollage, l’appareil s’est écrasé et a rapidement été englouti par les flammes.
Le colonel James Hayes, commandant adjoint de la 412e escadre d’essais, a qualifié l’incident de tragédie et a confirmé qu’aucune des huit personnes à bord — composées de militaires, de fonctionnaires et de sous-traitants — n’avait survécu. Boeing a par la suite confirmé que deux de ses employés figuraient parmi les victimes.
Modernisation des radars
Ce vol s’inscrivait dans le cadre du programme de modernisation des radars, qui vise à remplacer le radar AN/APQ-166, devenu obsolète, par le radar à balayage électronique actif de pointe AN/APQ-188 développé par Raytheon Technologies. Cette mise à niveau vise à améliorer les capacités de ciblage et de navigation par mauvais temps.
Bien qu’un avion équipé de ce radar soit arrivé à Edwards en provenance de San Antonio fin 2025, les autorités n’ont pas encore confirmé si cet appareil était bien celui qui a été perdu dans l’accident.
Transition vers le B-52J
Cet accident survient dans le cadre d’un effort plus large visant à transformer la flotte existante en B-52J d’ici les années 2030. Cette refonte complète comprend l’installation de moteurs Rolls-Royce, d’une avionique modernisée, d’interfaces de cockpit numériques, ainsi que de systèmes de communication et d’armement améliorés.
L’armée de l’air prévoit que ces bombardiers modernisés opéreront aux côtés du futur bombardier furtif B-21 Raider jusque dans les années 2050.
Obstacles techniques
Malgré sa longévité, le projet de radar a été confronté à une hausse des coûts et à des obstacles techniques, entraînant un retard de trois ans par rapport à la date prévue pour la mise en service du B-52J.
De plus, l’entretien de la flotte vieillissante de B-52H est devenu de plus en plus difficile. De nombreux constructeurs d’origine ayant cessé leurs activités, les techniciens doivent souvent démonter des pièces d’un appareil pour permettre à un autre de continuer à voler. L’un des éléments majeurs de la modernisation est le programme de remplacement des moteurs par des modèles commerciaux (Commercial Engine Replacement Program), qui remplacera les anciens moteurs Pratt & Whitney TF33 par des modèles Rolls-Royce F130, les premières modifications étant prévues pour 2026.
Importance du B-52
Le B-52 reste essentiel à la puissance stratégique des États-Unis en raison de son immense capacité de charge utile de 30 000 kilogrammes, qui lui permet de transporter aussi bien des armes nucléaires que des munitions à guidage de précision. Il a été largement utilisé dans des conflits allant de la guerre du Golfe aux récentes opérations contre l’Iran.
Avec 75 appareils encore en service, cet événement marque la première perte d’un B-52 en dix ans. Parmi les pertes précédentes du XXIe siècle, on peut citer une sortie de piste à Guam en 2016 et un crash près de Guam en 2008 causé par une défaillance du stabilisateur. Doug Birkey, du Mitchell Institute for Aerospace Studies, a fait remarquer qu’en raison de l’intensité de l’incendie et de la proximité de la tour de contrôle, les enquêteurs s’appuieront probablement davantage sur des enregistrements vidéo et des témoignages oculaires que sur les débris physiques.
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