Le Royaume-Uni adopte une mesure phare des programmes anti-Covid asiatiques: voici comment ça marche

Les premiers voyageurs ont été placés en quarantaine dans cet hôtel près de Heathrow. (Crédit: James Veysey/Shutterstock – Isopix)

À partir de ce lundi 15 février, toute personne arrivant d’un des pays sur ‘liste rouge’ au Royaume-Uni, devra passer 10 jours de quarantaine dans un hôtel. Une mesure qui existe depuis de nombreux mois dans plusieurs pays asiatiques.

33 pays font partie de la ‘liste rouge’ du Royaume-Uni. On retrouve le Portugal, les Émirats arabes unis ou encore l’Afrique du Sud. La Belgique n’y est pas répertoriée. Seules les personnes avec un passeport britannique ou irlandais sont autorisées à rentrer au Royaume-Uni, depuis un de ces 33 pays. Mais à une condition: passer 10 jours de quarantaine dans un hôtel choisi par les autorités.

Le but est d’éviter que de nouveaux variants n’entrent dans un pays qui connait sa plus forte crise depuis le début de la pandémie. En Écosse, région confinée depuis le début de l’année, ce sont toutes les personnes qui rentrent dans le pays qui doivent aller à l’hôtel.

Mais cela a un coût payé entièrement par les voyageurs. Pour 10 jours, ils doivent payer 1.750 livres sterling, soit plus de 2.000 euros. Cela comprend le logement à l’hôtel, la nourriture, le transport et les tests. Des suppléments de 325 livres sterling (372 euros) et 650 livres sterling (745 euros) sont demandés pour les enfants âgés respectivement de 5 à 12 ans et de plus de 12 ans.

L’organisation

Avant de revenir au Royaume-Uni, les voyageurs ont dû réserver leur chambre sur le site créé pour l’occasion. Près de 5.000 chambres ont été réservées pour l’occasion dans 16 hôtels du pays. L’offre pourrait, si nécessaire, s’agrandir jusqu’à plus de 60.000 chambres.

Ensuite, les Britanniques en voyage doivent s’arranger pour arriver dans l’un des 5 aéroports désignés par les autorités : Heathrow, Gatwick, London City, Birmingham et Farnborough. Si leur retour n’était pas prévu dans ce sens, ils doivent demander à échanger leur ticket.

Un bus vient chercher les voyageurs concernés et les amènent à leur hôtel. (Crédit: James Veysey/Shutterstock – Isopix)

À leur arrivée à l’aéroport, un transport vers leur hôtel les attendra et ils seront conduits sur le lieu de leur quarantaine. Pendant leurs 10 jours, ils seront testés deux fois : le deuxième et le huitième jour. Si le premier test est positif, leur séjour est rallongé de 2 jours. Si le second test revient positif, leur quarantaine durera au final 18 jours. Ils seront ensuite raccompagnés chez eux.

Des amendes allant de 2.000 à 10.000 livres sterling attendent les voyageurs qui ne se soumettent pas à cette mesure. Une peine de prison de 10 ans est même prévue pour ceux qui mentent sur le formulaire passager.

Les réactions

L’annonce date de plus de 3 semaines, ce n’est donc pas une surprise pour les Britanniques. Mais cette mesure est loin de leur plaire. Une mère de deux enfants revient des Émirats arabes unis. La quarantaine, qu’elle doit effectuer à Londres, et non à Manchester où elle vit, lui coûte 3.000 livres sterling. Elle doit en outre racheter des tickets d’avion pour pouvoir arriver dans la capitale britannique et plus dans le nord-ouest de l’Angleterre. ‘Ce n’est pas bon marché’, s’offusque-t-elle auprès de la BBC. ‘Je n’ai aucune idée de ce que nous allons obtenir pour ça. Serons-nous tous dans la même pièce?’ Il est encore impossible de répondre à cette question.

Certains voyageurs ont également posé des questions sur les voyages en avion. Certaines personnes, revenant des pays sur liste rouge, côtoient dans les avions des voyageurs qui n’iront pas dans les hôtels. Pour eux, c’est totalement illogique. Mais selon le porte-parole officiel du Premier ministre, les vols sont sécurisés. ‘Les gens doivent subir un test négatif avant d’embarquer sur le vol et de venir au Royaume-Uni’, explique-t-il. Cela doit éviter les contaminations en vol, si une personne s’avérait malade alors que son test n’est pas encore positif. En outre, le gouvernement aurait également passé des accords avec les compagnies aériennes pour un traitement particulier de ces voyageurs.

Inspiration asiatique

Avec cette mesure, Londres s’est clairement inspiré des pays asiatiques qui imposent une telle forme de quarantaine aux voyageurs depuis le début de la pandémie. Toutefois, le coût était bien moindre. À Singapour, il était ainsi possible de dormir dans l’hôtel 5 étoiles Ritz-Carlton Millenia pour seulement 1.600 dollars (1.300 euros). Une mesure qui a bien fonctionné puisque le pays compte aujourd’hui l’un des plus faibles taux de mortalité en Asie. Hong Kong a également imposé une telle mesure au début de la crise. La région est considérée comme un modèle dans la lutte contre le virus.

L’Australie impose également un tel système pour les voyageurs. La plupart du temps, il s’agit d’une solution efficace. Les voyageurs ne côtoient personne pendant leur quarantaine, leurs repas étant apportés devant leur chambre. Cela permettait au reste de la population, où le Covid-19 circule beaucoup moins en règle générale, de vivre plus ou moins normalement. Il existe toutefois des failles. Certains quartiers de Melbourne ont dû être reconfiné après que des agents de sécurité se sont montrés trop laxistes. Ils ont discuté sans protection avec des personnes en quarantaine, puis sont retournés dans leur famille, où ils ont contaminé tout le monde.

La semaine prochaine, ce sera au tour du Canada d’imposer des quarantaines à l’hôtel. Et cette fois-ci, cela concerne toutes les personnes qui ont voyagé pour des raisons ‘non essentielles’. Si le test passé à l’aéroport à leur retour est positif, ils pourront normalement quitter l’hôtel après seulement 3 jours.