Est-on en train de répéter la même erreur qu’en janvier 2020 ?

Alors que la Chine a vu le nombre de cas de Covid-19 exploser en début de mois, elle va autoriser ses ressortissants à voyager à l’étranger. Le tout avec un nouveau variant. Soit à peu près les mêmes ingrédients qu’en janvier 2020.

Pourquoi est-ce important ?

Après une longue période de politique sanitaire très stricte - "Zéro-Covid" - la Chine a assoupli ses mesures début décembre. Résultat : 250 millions de contaminations dès les premiers jours. Les hôpitaux se sont à nouveau remplis dans les grandes villes. La faute à une immunité faible, conséquence du peu de confrontation directe au virus et à un faible taux de vaccination. À l'heure où la Chine autorise à nouveau les voyages internationaux, le monde s'inquiète logiquement, sans pour autant se préparer.

Dans l’actu : les autorités sanitaires italiennes tirent la sonnette d’alarme.

  • Le 8 janvier 2023, les citoyens chinois pourront à nouveau déposer des demandes de visa pour voyager à l’étranger. Les quarantaines obligatoires pour entrer en Chine seront levées, les visiteurs devront seulement présenter un test PCR négatif.
  • Avec la réouverture de la Chine, un nombre de touristes conséquent va affluer à l’étranger. Dans les chiffres, cette annonce a fait bondir les recherches de voyages sur le net de 850%, selon les données de Tongcheng Travel. Les demandes de visas ont fait fois six.
  • Le ministère italien de la Santé s’inquiète, rapporte Bloomberg. Près de la moitié des passagers de deux vols en provenance de Chine vers Milan était contaminé. Il est désormais envisagé de tester tous les arrivants en provenance de l’Empire du Milieu.

L’enjeu : le nouveau variant BF.7 nous met-il en danger ?

  • En Allemagne, on dit « suivre de près » la situation en Chine. Le ministère de la Santé allemand tente de rassurer : « Nous n’avons aucune indication qu’une mutation plus dangereuse se soit développée en Chine qui donnerait lieu à restrictions de voyages. »
  • Le variant BF.7 y a pourtant provoqué une explosion des infections, avec 250 millions de cas, et des morts, qui selon les estimations pourraient atteindre le million. Le Japon annonce mettre en place un test PCR à l’entrée, les États-Unis devraient suivre.
  • Côté belge, le ministre de la Santé, Franck Vandenbroucke (Vooruit), estime « que la situation en Chine ne menace pas notre pays ». Le testing des voyageurs chinois n’est pas envisagé, bien que recommandé par les experts sanitaires. La Commission européenne ajoute que le variant BF.7 est déjà présent en Europe, et qu’il n’est pas parvenu à devenir dominant.
  • Alors, janvier 2022, bis repetita avec janvier 2020 ? Nous sommes quand même mieux préparés : notre immunité face au virus reste costaude, nous disposons de vaccins efficaces, et nous connaissons les mesures efficaces face au virus.
  • Il est toutefois inquiétant qu’à quelques jours d’une réouverture complète, il n’y ait aucune réponse coordonnée, au niveau européen ou international. Aucun plan de grande envergure qui soit prêt, pas même une réunion au sommet. Sans doute la volonté de vouloir mettre la pandémie derrière nous, alors que le monde fait face à de nouveaux défis : la guerre, la crise énergétique et l’inflation.
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