Le gouvernement wallon débloque près de 260 millions d’euros pour l’Horeca, les soins de santé et le testing

Le ministre président de la Région wallonne, Elio di Rupo (PS) et son ministre de l’Economie, Willy Borsus (MR). (Isopix)

La Région wallonne va venir en aide des secteurs fortement touchés par la crise du coronavirus. Les soins de santé sont toujours en première ligne, tandis que l’Horeca a été à nouveau obligé de fermer. En tout, 260 millions d’euros ont été débloqués pour les mesures de soutien annoncé cette après-midi.

Lors de la conférence de presse du comité de concertation, le Premier ministre avait précisé que des mesures de soutien devaient être créées au niveau régional. Trois jours après l’introduction des nouvelles mesures anti-Covid, la Région wallonne a présenté son nouveau plan d’aide secteur par secteur.

Horeca

Depuis lundi, les bars et restaurants ont dû fermer leurs portes pour au moins un mois. Les autorités avaient promis des aides pour affronter cette période. Le gouvernement wallon propose donc un système de rémunération en fonction de la taille de l’entreprise. Le montant de l’aide est donc lié au nombre d’employés temps plein (ou équivalent) :

  • Pas d’employé : 3.000 euros
  • 1 à 4 employés : 5.000 euros
  • 5 à 9 employés : 7.000 euros
  • 10 employés ou plus : 9.000 euros

Sur tout le territoire wallon, cela représente, selon les chiffres de la Région, plus de 18.000 entreprises. Une enveloppe de 81,6 millions d’euros a donc été débloquée à cet effet.

Soins de santé

Dans le secteur des soins de santé, l’un des problèmes majeurs est le manque de personnel et la charge de travail lié à l’épidémie de Covid-19. Le gouvernement wallon promet donc un soutien plus humain que financier.

  • Un renforcement de l’aide administrative et de secrétariat pour les médecins généralistes, afin de les décharger de certaines obligations.
  • Des infirmières supplémentaires pour les équipes mobiles qui viennent en aide aux structures d’hébergements.
  • Des aides pour engager des aides ménagères et du personnel logistique.
  • 10 millions d’euros pour compenser les pertes financières dans les maisons de repos.

Ces mesures n’aident par contre pas directement les hôpitaux de la région qui sont pourtant fortement touchés par la seconde vague de coronavirus. Selon Yves Van Laethem, les provinces du Hainaut et de Liège enregistrent le plus grand nombre de nouveaux cas. Avec Bruxelles, les trois zones représentent 60% des hospitalisations du pays.

Les hôpitaux sont débordés. Les soins non urgents ont dû être reportés. Et dans certains centres, les patients qui se présentent sont triés en fonction de la gravité de leurs symptômes. Les cas les moins graves sont renvoyés chez eux.

Testing

La Région va aussi renforcer sa capacité de testing. Au vu de l’augmentation du nombre de personnes positives au Covid-19, il est important de venir en aide aux centres qui s’occupent des tests afin qu’ils ne soient pas débordés. Deux mesures de soutien ont été annoncées :

  • Création de villages de testing à Namur, Mons, Liège et Charleroi en novembre. Ces ‘villages’ n’auront pour but que de tester les personnes potentiellement infectées, ce qui devrait diminuer la pression sur les centres existants.
  • Renfort du personnel dans les 37 centres. Chaque centre aura le droit d’engager une personne supplémentaire aux frais de la Région.

Cette aide ne change toutefois pas la nouvelle politique de testing. Les centres n’accueilleront que les personnes avec des symptômes du Covid-19. Les gens qui ont un doute parce qu’elles ont été en contact avec une personne positive ou qui se sont rendus dans une zone rouge mais qui n’ont pas de symptômes ne peuvent plus se faire tester jusqu’au 15 novembre.

En outre, le gouvernement a annoncé l’achat de tests salivaires qui devraient servir aux collectivités. Ces tests sont très faciles à mettre en place puisqu’on peut faire les prélèvements soi-même. Il sera alors possible de tester rapidement un grand groupe d’individus afin d’isoler les malades du reste du groupe. L’Université de Liège se chargera des analyses. De cette manière, les laboratoires, déjà surchargés de travail, ne devront pas se charger de ces nouveaux prélèvements.