Après avoir les avoir réprimées, Pékin se tourne vers les Big Tech chinoises pour sauver son économie

Alors que la population chinoise est confinée pour contenir une nouvelle vague de coronavirus, le pays tourne au ralenti, de sorte que Pékin n’a plus le choix et doit se tourner vers des entreprises qu’elle a longtemps réprimées pour s’en sortir. Le début de la fin du cauchemar pour les Big Tech chinoises ?

La répression réglementaire contre les entreprises technologiques chinoises a débuté fin 2020 et leur a coûté jusqu’à 2.000 milliards de dollars, soit 11% du produit intérieur brut, selon Goldman Sachs. Plusieurs politiques ont été mises en place pour limiter leurs pouvoirs et renforcer celui du Parti communiste chinois, effrayé par la place que prenaient ses Big Tech. Mais aujourd’hui, les choses ont changé. Le pays fait face à une nouvelle vague de coronavirus qui bloque le pays. Les mauvaises planètes s’alignent. Certains analystes n’hésitent plus à parler de crise économique en Chine, « la pire en 30 ans ». Et désormais, conscient de leur potentiel, Pékin compte sur les Big Tech pour sortir le pays du pétrin.

Soutenir la croissance saine des entreprises

Lors d’une réunion fin avril, le Politburo du Parti communiste chinois s’est en effet engagé à soutenir la « croissance saine des plateformes » technologiques, rapporte Bloomberg. Dans un communiqué, la Banque populaire chinoise s’est dite ouverte à apporter un soutien financier pour répondre au souhait de Pékin et ainsi stimuler le développement des entreprises technologiques.

En lâchant du lest aux Big Tech chinoises, l’organe décisionnel suprême du Parti communiste chinois espère atteindre l’objectif de 5% de taux de croissance qu’il s’est fixé. Un objectif supérieur à la prévision de 4,4% du FMI.

Une aide pratique et économique

Ce soudain relâchement est évidemment lié à la situation économique difficile dans laquelle se trouve le pays. Depuis plusieurs semaines déjà, la Chine fait face à une recrudescence des cas de coronavirus et applique des politiques de confinements et de restrictions liberticides. Un contexte qui a certainement permis à Pékin de voir tout le potentiel des Big Tech chinois.

Des entreprises telles qu’Alibaba, JD.com ou Meituan se sont déjà révélées utiles. Elles ont en effet mis en place des systèmes de distributions efficaces, en s’approvisionnant en produits frais auprès des agriculteurs et en embauchant des travailleurs migrants pour effectuer les livraisons rapides, indique Bloomberg.

Les plateformes Internet ont ainsi envoyé 20.000 livreurs pour assurer les 2,5 millions de commandes quotidiennes auprès des 25 millions d’habitants de la région de Shanghai, en confinement total depuis le 1er avril, a indiqué le gouvernement local.

Outre le potentiel pratico-pratique des Big Tech chinoises, ces grandes entreprises jouent également un rôle crucial dans l’économie du pays. Et avec les restrictions liées au Covid-19 et le ralentissement de l’économie qui en découle, céder un peu de terrain à ces sociétés fleurissantes n’est pas une mauvaise chose.

Une main de fer

Bien évidemment, si Pékin cède un peu de liberté aux entreprises technologiques, son contrôle restera très certainement très strict. Les politiques autoritaires entrées en vigueur depuis le début de la répression des Big Tech chinoises resteront sans aucun doute en place, mais le gouvernement chinois devrait se montrer plus conciliant, du moins pendant un moment.

Certaines mesures récentes pourraient tout de même être levées, notamment la limitation du temps d’expositions des jeunes Chinois aux applications, de même que certaines amendes infligées à certaines Big Tech.

En contrepartie, Pékin attend leur soutien à l’économie nationale. Selon le Wall Street Journal, Pékin souhaiterait recevoir 1% des parts de ces grandes entreprises et jouer un rôle dans la prise de décision.

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