Première mondiale: un hélicoptère va tenter d’intercepter un étage de fusée en train de retomber sur Terre

En cette fin de semaine, une société américaine va tenter de réaliser une prouesse inédite: rattraper un bout de fusée qui menace de s’écraser sur Terre. « Pas une mince affaire », reconnaît son patron.

Initialement prévue pour ce mercredi puis pour ce jeudi, la mission a finalement été reportée plusieurs fois en raison des conditions météorologiques. Une décision sera prise dans les prochaines heures pour déterminer une nouvelle date et une nouvelle heure: probablement vendredi ou samedi.

Dans un premier temps, la société américaine Rocket Lab va lancer sa fusée Electron depuis la péninsule de Māhia, en Nouvelle-Zélande. Celle-ci transportera 34 satellites en orbite terrestre, dont un destiné à surveiller la pollution lumineuse de la Terre.

Moins de trois minutes après le lancement, Electron se séparera en deux étages. L’un continuera à se déplacer vers l’orbite, l’autre redescendra vers la Terre, dans l’océan Pacifique, à une vitesse dépassant les 8000 km/h. À un moment donné, un parachute sera déployé pour ralentir le bout de fusée, jusqu’à 35 km/h. Et c’est là qu’un hélicoptère interviendra. Muni d’un crochet, il tentera d’attraper le parachute pour ramener l’étage sur la terre ferme.

Rendre ses fusées réutilisables

Au total, si elle se déroule selon les plans, la mission ne devrait prendre que 18 minutes, à partir du lancement de la fusée. Mais Peter Beck, le PDG de Rocket Lab, a déjà prévenu que « ce ne sera pas une mince affaire ».

Peut-être vous demandez-vous pourquoi la société américaine va se lancer dans une si périlleuse entreprise. Tout simplement car, comme SpaceX, elle entend rendre ses fusées réutilisables. Ainsi, si l’étage capturé en cette fin de semaine par l’hélicoptère est ramené à bon port et en bon état, il servira encore pour un prochain lancement.

Cette méthode diffère de celles envisagées par les sociétés concurrentes jusqu’à présent, qui songent davantage à faire atterrir leurs fusées sur le sol ou en mer sur des barges flottantes. Rocket Lab a d’ailleurs elle-même déjà essayé de faire amerrir ses fusées, mais le sel les a rendus inutilisables. Elle travaille également en parallèle sur une fusée capable d’atterrir au sol.

Notons enfin que la tentative de la société américaine n’est pas une première mondiale en soi. En 2004, la NASA a elle aussi tenté d’attraper la sonde Genesis via un hélicoptère, mais le parachute ne s’était pas ouvert et la mission s’était soldée sur un échec partiel. Une réussite de Rocket Lab serait donc historique.

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