Rocket Lab planche déjà sur la prochaine génération de fusées – encore plus – réutilisables

La firme américaine Rocket Lab compte révolutionner le secteur des orbiteurs réutilisables avec Neutron, la première fusée capable de véritablement atterrir, pour repartir au plus vite. « L’engin des années 2050 », selon le PDG de l’entreprise.

Après des décennies de concurrence entre superpuissances pour mettre au point les fusées et autres engins spatiaux les plus performants, ce sont les firmes privées qui ont massivement pris le relai pour développer les nouveaux outils de la conquête spatiale. Avec une nuance de taille toutefois: alors que les USA et l’URSS dépensaient sans compter pour revendiquer de leur drapeau chaque avancée, les entreprises, elles, pensent avant tout à la rentabilité. D’où, par exemple, l’engouement pour des fusées réutilisables pour plusieurs lancements qui représentent une possibilité d’économie non négligeable.

Comme une fleur, ou comme un ver

Et dans ce domaine, Rocket Lab compte bien passer à l’étape supérieure avec la fusée Neutron. Celle-ci se composera de deux étages d’accélération. Le premier sera doté d’un carénage intégré à quatre pales qui s’ouvre en orbite comme une fleur pour libérer le deuxième étage transportant la charge utile. Ou comme la bouche d’un ver de sable dans l’univers de Dune, pour reprendre une référence de science-fiction suffisamment remise à jour pour parler à tout le monde, ou presque.

L’ensemble du premier étage, carénage compris, est conçu non seulement pour être entièrement réutilisable, mais aussi pour ne nécessiter qu’un minimum de maintenance avant de pouvoir repartir. Le deuxième étage, qui achemine les charges utiles vers leurs orbites cibles, sera, lui, à usage unique.

La première fusée qui atterrit

Avec sa proue en « bouche d’hippopotame affamé » comme l’a décrite le PDG de Rocket Lab Peter Beck, la fusée Neutron devrait incarner une nouvelle étape dans le développement des lanceurs renouvelables: « C’est un véhicule de lancement réutilisable, ce qui signifie qu’il va atterrir », confiait ce dernier dans une récente interview à Space.com. « Vous ne voulez donc pas d’un train d’atterrissage déployable, vous voulez une belle, grande et large base statique », a déclaré Beck lors de la présentation, faisant référence au train d’atterrissage des véhicules Falcon 9, Falcon Heavy et Starship de SpaceX, qui ont tous des pattes déployables. « Il est également très important de pouvoir ramener le véhicule sur le site de lancement, et non sur des barges coûteuses en plein milieu de l’océan. « Neutron devrait donc être capable de véritablement atterrir, et non plus de viser l’océan, une première pour une fusée ».

Un tout nouveau moteur

La fusée Neutron, imprimée en 3D et en fibre de carbone, sera équipée d’un tout nouveau moteur appelé Archimedes, qui brûlera du méthane et de l’oxygène liquide, l’une des combinaisons de carburants de fusée les plus rentables qui soient, selon les scientifiques de la propulsion de fusée.

Sept moteurs Archimedes alimenteront le premier étage de la Neutron, fournissant chacun une poussée de 1 mégawatt. Le deuxième étage reposera sur un seul moteur Archimedes optimisé pour le vide, a indiqué Rocket Lab dans un communiqué: « La structure légère en composite de carbone de Neutron signifie qu’Archimedes n’aura pas besoin des immenses performances et de la complexité généralement associées aux plus grandes fusées et à leurs systèmes de propulsion. En développant un moteur simple avec des exigences de performance modestes, le calendrier de développement et de test peut être drastiquement accéléré. » Le PDG de l’entreprise a déjà qualifié son engin de « fusée des années 2050. »

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