Le dernier échec du lanceur lourd SLS compromet les projets lunaires de la NASA (vidéo)

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Le test avorté des boosters du Space Launch System (SLS), le futur lanceur super-lourd qui doit permettre à la NASA de renvoyer des humains sur la Lune dans le cadre du programme Artémis, constitue un coup dur tant pour l’agence spatiale américaine que pour Boeing, le principal constructeur de la fusée.

Encore plus puissant que le célèbre lanceur Saturn V des années 1960 et 1970, le Space Launch System est un élément clé de la reconquête lunaire voulue par les États-Unis, voire de l’exploration future de la planète Mars. Boeing travaille depuis 2011 à la mise au point de cet engin, dont la première version est censée pouvoir acheminer 70 tonnes de charge utile en orbite basse et 26 tonnes vers la Lune.

Pour parvenir à arracher un tel emport à la gravité terrestre, le SLS est doté de moteurs ultra-puissants. Ceux-ci ont été testés samedi dernier, mais ils ne se sont malheureusement pas montrés à la hauteur des espoirs placés en eux.

‘Major component failure’

Le test était prévu pour durer huit minutes. Toutefois, une mise à feu pendant quatre minutes aurait déjà été considérée comme une réussite dans le sens où une telle performance aurait permis de bâtir un capital confiance dans le lanceur et ses moteurs. Au Centre spatial Stennis, dans le Mississipi, les boosters du SLS n’auront finalement fonctionné que… 67 secondes.

‘Nous avons eu un MCF (major component failure, une défaillance matérielle majeure) sur le moteur 4′, a expliqué le contrôle au sol.

‘J’ai toute confiance en l’équipe pour déterminer ce qu’il s’est passé’, a réagi James Bridenstine, l’administrateur de la NASA sur le départ, qui a ajouté que le test n’était pas un échec total puisque de grandes quantités de données ont pu être collectées.

Que va faire l’administration Biden?

Toujours est-il que la contre-performance tombe mal pour l’agence spatiale américaine, et en particulier pour son programme Artémis. Porté par l’administration Trump, le coûteux projet de reconquête de la Lune pourrait ne pas faire partie des priorités de son successeur à la Maison-Blanche, Joe Biden, explique le Wall Street Journal. Suite à ce test infructueux, le Congrès américain pourrait également se montrer plus réticent au moment de voter les prochains budgets de l’agence spatiale.

Quant à Boeing, cet échec s’ajoute aux déboires rencontrés ces dernières années avec la capsule Starliner, qui doit permettre d’envoyer des astronautes dans l’espace, notamment à bord de la Station Spatiale Internationale (ISS), pour le compte de la NASA. L’année dernière, son concurrent SpaceX était lui parvenu à réaliser cette prouesse grâce à sa capsule Crew Dragon.

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