La plus grande expérience au monde d’une semaine de 4 jours va démarrer

Travailler 4 jours avec réduction du temps de travail pour le même salaire. Une expérience qui a déjà été pratiquée dans plusieurs pays. Cette fois, c’est le Royaume-Uni qui s’y colle, à plus grande échelle. Sa productivité par heure prestée est l’une des plus faibles d’Europe.

Ce n’est bien sûr pas la première expérience du genre. En Belgique, la semaine de 4 jours va même être généralisée dans le cadre de la réforme du travail du gouvernement d’Alexander De Croo. Seulement, il s’agit d’une semaine de 5 jours contractée en 4 jours, pour le même salaire. Le travailleur devra donc prester plus d’heures quotidiennement, jusqu’à un maximum de 9h30 par jour. Cette nouvelle organisation doit se faire sur base volontaire, avec l’accord du patron. En cas de refus, ce dernier doit toutefois justifier son refus (ex: organisation de l’entreprise). L’objectif de la Vivaldi (nom de la coalition) est de parvenir à atteindre les 80% de taux d’emploi, un objectif encore très lointain.

Ici, dans le cadre de l’expérience britannique, on parle bien d’une semaine de 4 jours, avec réduction du temps de travail pour le même salaire. Ce sera la plus grande expérience jamais testée au monde, avec pas moins de 3.300 travailleurs issus de 70 entreprises de tailles différentes. La grande originalité ici est que ces entreprises proviennent de secteurs très variés, des fournisseurs de services financiers au restaurant de fish-and-chips.

Durant le programme, les travailleurs reçoivent 100 % de leur salaire alors qu’ils ne travaillent que 80 % de leur semaine habituelle, en échange de leur promesse de maintenir 100 % de leur productivité.

Le programme est géré par l’organisation à but non lucratif 4 Day Week Global, le groupe de réflexion Autonomy et la campagne 4 Day Week UK, en partenariat avec des chercheurs de l’université de Cambridge, de l’université d’Oxford et du Boston College.

Les autres expériences

La précédente expérience d’une semaine de 4 jours avait été menée en Islande de 2015 à 2019 sur 2.500 employés : réduire le temps de travail à trente-cinq heures hebdomadaires sur quatre jours, à salaire égal. Les employeurs n’ont constaté aucune baisse de productivité, mais une augmentation spectaculaire du bien-être. Les Islandais et leurs dirigeants ont été convaincus et ont décidé de généraliser la mesure sur base volontaire.

L’Espagne a emboîté le pas et mène toujours une expérience similaire avec les salariés de 200 entreprises. La Suède teste elle la journée de 6 heures depuis 2015. L’Allemagne a eu recours à une réduction de travail pour éviter le chômage massif durant la crise covid. En dehors d’Europe, des expériences à plus petites échelles ont été mises en place au Japon, en Nouvelle-Zélande et même aux Emirats arabes unis.

Il ressort de toutes ces expériences que les absences de longue durée ont baissé en Islande. Une entreprise andalouse qui participe au programme espagnol a constaté une baisse de 20% du taux d’absentéisme. La productivité a été maintenue, voire améliorée par endroit. C’est le cas par exemple de géant de la tech Microsoft, qui a constaté un bon de productivité de 40% lors de son test à l’été 2019.

France

Le sujet est en débat depuis un certain temps en France. Et des entreprises prennent l’initiative de leur propre chef comme la société informatique LDLC, qui s’est fait au passage une belle publicité.

Si on observe un traditionnel clivage gauche-droite sur cette question, Emmanuel Macron ne veut lui pas entendre parler de réduction de temps de travail (sauf peut-être pour les séniors). Dans le meilleur des cas, la France opterait sans doute pour l’approche belge. Un entre-deux qui permet à certaines personnes de s’organiser différemment, en prenant un jour par semaine pour faire d’autres activités, mais sans réduction de temps de travail. Ce fut néanmoins un thème largement oublié de la campagne présidentielle.

Mais à l’échelle du monde, la pandémie aura peut-être été un tournant. Comme le montre la vague de démissions qui a touché de plein fouet les États-Unis (The Great Resignation), mais aussi une partie de l’Europe. De plus en plus de monde aspire à un meilleur équilibre entre la vie au travail et la vie de famille. Moins de stress pour un meilleur bien-être, ce qui peut même augmenter la productivité par heure prestée. L’époque du 9-17, du lundi au vendredi est à bien des égards une époque révolue.

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