La pandémie replonge les Russes dans l’alcoolisme: une mesure datant de l’ère soviétique est rétablie

Fermés en 2011, les centres de dégrisement russes vont rouvrir en 2021 – Tass/Sipa USA

Si la consommation d’alcool a longtemps été un problème en Russie, les chiffres de ces dernières années étaient meilleurs. Mais la pandémie a renoirci le tableau. Les stations de dégrisement vont rouvrir.

Comme partout ailleurs, la pandémie n’a pas fait que des victimes directes en Russie. L’économie a été lourdement touchée, provoquant de nombreux licenciements. Au chômage et en proie à de graves soucis financiers, certaines personnes tentent de noyer leur chagrin dans l’alcool.

La résurgence de l’alcoolisme est telle que les autorités ont décidé de réhabiliter une mesure supprimée il y a dix ans. Les personnes ivres vont être renvoyées dans des stations de dégrisement.

Fermées en 2011

Créées dès les premières années du régime soviétique, les stations de dégrisement – dans lesquels les policiers envoyaient les personnes en état d’ébriété sur la voie publique – ont longtemps eu mauvaise réputation. De nombreuses voix se sont soulevées pour dénoncer l’insalubrité des lieux. Un certain nombre de Russes y auraient également subi des méthodes humiliantes. Les centres étaient principalement dirigés par les forces de l’ordre.

Face aux critiques, les autorités russes avaient décidé en 2011 de fermer toutes les stations. Depuis, les personnes ivres étaient essentiellement prises en charge par les institutions médicales. Mais celles-ci n’arrivent plus à gérer l’afflux des personnes ivres dans les cliniques. De plus, le personnel médical se plaint d’être parfois démuni face à l’agressivité de certains patients.

Rouvertes en 2021

Les nouveaux centres seront plus confortables et respecteront les droits des personnes qui y seront envoyées, ont promis les autorités russes. Au moins un policier et un médecin devront y travailler conjointement en permanence. Une nuit dans une station de dégrisement coûtera en moyenne 1.500 roubles (20 dollars), a indiqué l’agence de presse RIA.

D’après Evgeni Bryun, le psychiatre spécialisé en toxicologie du ministère russe de la Santé, 30 à 40% de la population russe consommerait de l’alcool en trop grande quantité. Ces dernières années, entre 3.500 et 10.000 Russes ont transité annuellement par les cliniques en raison de problèmes d’alcool. Si les chiffres de 2020 ne sont pas encore connus, il apparaît qu’ils sont en forte hausse.