Voyages non essentiels: qu’en pense vraiment l’Union européenne ?

(Credit : Daina Le Lardic / Isopix)

Le mois dernier, le Comité de concertation a décidé d’interdire les voyages considérés comme non essentiels entre le 27 janvier et le 1er mars. Mais la mesure est loin de plaire à l’UE qui la juge disproportionnée.

Le 22 janvier dernier, les ministres ont interdit les voyages non essentiels pour se protéger des hausses de contaminations dans les autres pays. Même si la situation sanitaire stagne en Belgique, au moins elle n’empire pas. Et c’est un signe positif selon les experts.

Les vacances de carnaval étaient surtout visées par cette interdiction. Le but était d’éviter que, comme l’année passée, les vacanciers infectés ne contaminent de nombreuses personnes.

Mais la Commission européenne ne le voit pas comme cela. Si elle déconseille les voyages pour les loisirs, elle préfère qu’ils ne soient pas interdits. La grande majorité des pays membres sont du même avis. Seule l’Allemagne a finalement emboité le pas ce dimanche en fermant ses frontières tchèques et autrichiennes.

Cette décision allemande a ravivé des tensions en Europe. Si l’UE avait désapprouvé la décision de la Belgique, elle n’avait pas trop posé de questions. Mais maintenant que la plus grande puissance d’Europe s’y met, sa position est toute autre. Depuis plusieurs jours, la Belgique et l’Allemagne s’entretiennent régulièrement avec le commissaire européen de la Justice, Didier Reynders. La Commission européenne veut les faire changer d’avis, mais aucun des deux pays ne semble plier.

La position de l’UE

Les membres de l’Union européenne se sont mis d’accord sur un code couleur à respecter dans l’organisation des voyages. Le but était d’éviter une fermeture des frontières, les pays les plus à risque étant simplement vivement déconseillés pour des voyages touristiques.

En outre, les 27 pays ont décidé que les mesures anti-Covid devaient être ‘non discriminatoires, nécessaires et proportionnées’. Des termes assez vagues mais qui posent toutefois problème. En effet, la Commission européenne considère que la fermeture des frontières n’est pas proportionnée en Belgique. Les Affaires étrangères belge ne font en effet pas de distinction entre les pays de destination, qui ont pourtant des situations épidémiologiques différentes.

Pour l’Allemagne, le problème vient de longues files qui se sont créées à la frontière tchèque. L’UE craint que le transport de marchandises en soit trop affecté. L’Autriche a imposé également des contrôles à la frontière italienne pour vérifier que les véhicules se rendant en Allemagne avaient les papiers nécessaires. Et cela a également créé des files.

La Commission européenne ne peut toutefois pas imposer son opinion aux pays membres. La Belgique s’est servie d’une règle dérogatoire de la zone Schengen pour justifier la fermeture des frontières, explique Le Soir. Et en outre, l’UE ne peut donner qu’une recommandation, qui n’est au final pas contraignante.

Jusqu’au 1er avril ?

La semaine dernière, la Belgique a décrété que les mesures contre le coronavirus en vigueur actuellement seraient d’application jusqu’au 1er avril. L’interdiction de voyages pour des raisons non essentielles est donc prolongée d’un mois.

Toutefois, Elio Di Rupo, ministre-président de la Région wallonne et Petra de Sutter, vice-Première ministre au fédéral, assure que cette interdiction pourrait être levée plus tôt. Sur RTL-TVI, ils ont expliqué ce dimanche que la prolongation avait pour but d’éviter un vide juridique. Mais la mesure pourrait être levée plus tôt. La situation sera d’ailleurs réévaluée le 26 février, lors du prochain Comité de concertation.