Un général américain ne rejette pas l’idée de collaborer avec les talibans pour affronter l’État islamique

Face à l’État islamique au Khorassan , qui a revendiqué l’attaque contre l’aéroport de Kaboul, les Américains ne comptent pas se laisser faire. Mais sans autre soutien sur place, il leur faudra négocier avec les talibans. Voire s’associer aux nouveaux maîtres du pays pour abattre un ennemi commun.

C’est un très gros pavé dans la mare qu’a osé lâcher le général américain Mark Milley, qui occupe rien de moins que le poste de chef d’État-Major des armées des États-Unis. Il estime « possible » que les États-Unis finissent par collaborer avec le nouveau régime des talibans afin de coordonner la lutte contre certains mouvements terroristes, rapporte The Guardian.

L’ennemi de mon ennemi…

Rappelons que ce ne sont pas les talibans qui ont mené une attaque-suicide meurtrière contre l’aéroport de Kaboul, tuant 13 militaires américains et plus de 150 Afghans, mais l’État islamique au Khorassan, une branche de Daech hostile tant aux USA qu’aux seigneurs de guerre afghans, jugés trop modérés. Et ce qu’a tenu à souligner le général Milley, c’est que l’ennemi de votre ennemi peut servir à trouver un terrain d’entente.

Le chef d’État-Major a d’ailleurs personnellement rencontré des leaders talibans à deux reprises cette année pour tenter de réfréner leurs attaques contre le gouvernement afghan en place. « A la guerre, vous faites ce que vous devez faire pour réduire les risques pour la mission et pour vos forces, et non ce que vous voulez nécessairement faire » a-t-il résumé.

Reste que l’idée de Milley ne fait pas l’unanimité, loin de là. Lors d’une conférence de presse commune au Pentagone ce mercredi, le secrétaire à la Défense Lloyd Austin a préféré ne faire « Aucun saut de logique vers des questions plus larges. » Le général lui-même a souligné qu’il parlait au conditionnel, qualifiant au passage les talibans de brutaux: « S’ils ont changé ou non, cela reste encore à démontrer. »

Des talibans très businesslike

L’administration Biden a promis des représailles sanglantes envers l’État islamique au Khorassan (ISKP) : une frappe aérienne au moins, menée par drone, a été menée. Elle aurait tué deux planificateurs du groupe terroriste, mais elle aurait aussi fait des victimes civiles.

Mais sans troupe au sol, et surtout sans renseignement, les frappes américaines risquent de manquer tant d’efficacité que de précision. D’où l’idée de stabiliser des relations avec les talibans pour coordonner la lutte contre un ennemi commun. Le général du corps des marines Frank McKenzie a d’ailleurs qualifié les relations avec les miliciens afghans de « très pragmatiques, très businesslike » durant la sécurisation de l’aéroport de Kaboul.

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