Joe Biden s’adresse aux Américains et refuse les questions: « Notre retrait d’Afghanistan était la meilleure décision »

Face aux nombreuses critiques, des républicains mais aussi de son propre camp, le président des Etats-Unis s’est adressé à son peuple. Une nouvelle fois, il a préféré éviter les questions et n’a pas fait davantage de commentaires.

Sur le retrait

  • « Je n’avais qu’un seul choix: suivre les engagements de l’administration précédente et quitter l’Afghanistan ou ne pas quitter le pays et engager des dizaines de milliers de troupes pour une nouvelle escalade. »
  • « La nuit dernière à Kaboul les États-Unis ont mis fin à 20 ans de guerre en Afghanistan. Nous avons réussi l’un des plus grands ponts aériens de l’histoire avec plus de 120.000 personnes évacuées. C’est plus que le double de ce que les experts pensaient possible. Aucune nation n’a jamais fait quelque chose de comparable. »
  • « Seuls les États-Unis avaient la capacité et la volonté de le faire, et nous l’avons fait« 
  • « 90% des Américains qui étaient en Afghanistan et qui voulaient partir ont pu le faire. Et pour ces Américains qui sont restés, il n’y a pas de deadline ! Nous restons engagés à les faire sortir s’ils le veulent. »
  • « Le peuple américain devrait entendre ceci : 300 millions de dollars par jour pendant deux décennies », a déclaré le président Biden. « Qu’avons-nous perdu en conséquence, en termes d’opportunités ? Je refuse de continuer une guerre qui n’était plus au service des intérêts nationaux vitaux de notre peuple. »

Sur les forces afghanes

  • « Nous supposions que les 300.000 membres des forces de la sécurité nationale afghane que nous avions entraîné et équipé les deux dernières décennies seraient un adversaire assez fort dans la guerre civile avec les talibans. Cette hypothèse s’est avérée ne pas être correcte, mais nous étions prêts quand les forces de sécurité afghanes n’ont pas tenu aussi longtemps qu’espéré. »

Sur l’EI

  • « Treize héros ont donné leur vie. Nous leur devons à eux et à leur famille une dette de gratitude que nous ne pourrons jamais rembourser. »
  • « À l’État islamique au Khorassan (EI-K): nous n’en avons pas fini avec vous. À ceux qui souhaitent du mal à l’Amérique – sachez que les USA ne s’arrêteront jamais. Nous n’oublierons jamais. Nous vous traquerons jusqu’aux confins du monde & nous vous ferons payer le prix ultime. »
  • « En tant que commandant en chef, je crois fermement que la meilleure voie pour protéger notre sécurité passe par une stratégie dure, impitoyable, ciblée et précise qui traque la terreur là où elle se trouve aujourd’hui. Pas où elle était il y a deux décennies. »

Analyse

Par rapport aux précédentes tentatives d’explication, le ton a changé. Terminé l’empathie ou les hésitations, cette fois, la voix de Joe Biden était ferme, affirmée, sans excuses. Malgré les 170 morts, dont 13 Américains, Joe Biden n’en démord pas: en possession des éléments portés à sa connaissance, basés « sur l’avis unanime » des ses conseillers militaires et civils, la date de sortie fixée au 31 août « était la bonne et a permis de sauver des vies ». Impossible selon le président américain d’avoir pu procéder à l’évacuation plus tôt, en mai ou en juin, en pleine guerre civile. Le chaos n’en aurait été que plus important.

Joe Biden s’est adressé essentiellement aux Américains. Aucun message à destination de ses alliés ou du peuple afghan. Aucun mot sur la situation là-bas, sur les talibans ou sur l’échec d’une guerre et d’une politique qui aura duré 20 ans et qui reste un énorme échec (de plusieurs administrations successives, certes). Mais la victoire des talibans laisse place à plus d’insécurité et à un risque terroriste paradoxalement accru pour les États-Unis. Leur retrait des terres islamiques galvanisera sans doute les groupes les plus extrémistes.

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