Ultimatum de la Grande-Bretagne à la France : « Retenez plus de migrants ou on reprend notre argent »

La Grande-Bretagne verse de grosses sommes au gouvernement français pour que celui-ci intercepte plus de migrants le long de la Manche. Mais Paris n’en fait pas assez au goût de Londres, et le deal pourrait s’effondrer.

54 millions de livres sterling, soit 62,77 millions d’euros : voici le montant que la Grande-Bretagne a promis à la France si l’Hexagone s’engageait à renforcer ses contrôles aux frontières. Non pas dans l’optique de rendre le Brexit un peu plus concret, mais pour refouler un maximum de migrants avant qu’ils ne posent un pied sur le sol britannique.

Record de traversées

Une décision prise en juillet dernier par la secrétaire d’État à l’Intérieur Priti Patel, et qui n’a pas fait l’unanimité du côté d’Albion. Celle-ci a défendu qu’avec cet accord, son homologue français Gérard Darmanin s’engageait à multiplier les patrouilles de police le long des côtes de son pays et à développer de nouvelles solutions technologiques à la surveillance des frontières. Un accord similaire avait été conclu l’année passée et, selon Mme Pratel, avait motivé les Français à intercepter de leur côté de la Manche trois fois le nombre de migrants que les Britanniques en ont arrêté.

Les départs d’embarcations légères chargées de candidats à la traversée de la Manche se multiplient ces derniers mois, alors que la Grande-Bretagne, tout comme le continent d’ailleurs, craint un soudain afflux de réfugiés venus d’Afghanistan. Alors qu’en 2020 on comptait 8.420 personnes ayant réussi à s’introduire illégalement dans le royaume, plus de 13.500 y seraient déjà parvenus cette année.

Sauf que selon The Times, Priti Patel est particulièrement mécontente de l’action du gouvernement français, qu’elle juge largement insuffisante alors qu’un nombre « record » de migrants serait parvenu à accoster en Angleterre en début de semaine. The Express évoque même un millier de personnes, ce qui éclipserait les 828 migrants qui ont tenté la traversée le 21 août dernier.

Mésentente cordiale

Pour la secrétaire britannique, l’accord avec la France est donc à deux doigts de lui aussi finir à l’eau. Mme Pratel a déposé un ultimatum au gouvernement français : si fin septembre, les forces tricolores n’ont pas intercepté au moins trois embarcations sur quatre, alors le deal ne tient plus et la Grande-Bretagne reprend ses 54 millions. A l’heure d’écrire ces lignes, il n’y a pas eu de réponse officielle du gouvernement français.

Difficile de décider ce qui sort le plus écorné dans cette histoire. La volonté du Brexit de tarir les échanges financiers défavorables à la Grande-Bretagne, ou l’image de deux gouvernements qui s’échangent des millions pour ne pas avoir à s’encombrer de vies humaines.

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