Quel avenir pour le trumpisme? Les scénarios envisagés

Donald Trump s’apprête à quitter la Maison Blanche dans la tourmente. Alors que le parti républicain est divisé, qui portera les idées du président sortant dans l’arène politique après son départ ? Comment le trumpisme va-t-il évoluer ? Donald Trump a-t-il encore une chance de marquer un retour en force en 2024 ? Nous avons interrogé Régis Dandoy, politologue de l’Université de Bruxelles et professeur à l’Université de San Francisco de Quito.

Joe Biden est au crépuscule de sa présidence. Alors que le parti républicain est désormais divisé face à une procédure de destitution qui vise Donald Trump, qu’adviendra-t-il de l’idéologie de Donald Trump ?  

En a-t-on fini avec le trumpisme ?

D’après Régis Dandoy, politologue de l’Université de Bruxelles et professeur à l’Université de San Francisco de Quito, deux scénarios sont envisageables, même s’il est difficile de prédire l’avenir.

1.Donald Trump reste actif au sein du parti républicain :

  • Si tel est le cas, il restera la personnalité la plus populaire au sein du parti républicain. ‘Il va demeurer faiseur de loi et de règles, au minimum pour les élections de mi-mandat de 2022 et probablement pour les élections de 2024’, explique Régis Dandoy. ‘Il restera tout puissant et continuera d’avoir un poids considérable’. 
  • Même si ses alliés lui ont tourné le dos, cela ne devrait pas entraver le parcours politique de Donald Trump. ‘De nombreuses personnes qui lui ont tourné le dos sont des opposants de la première heure, dont la position a été renforcée par des événements récents. Si le soutien de Donald Trump au Sénat n’est plus aussi solide, la grande majorité des députés républicains continue de soutenir Donald Trump. 
  • ‘Ce soutien ne disparaîtra pas du jour au lendemain’, explique Régis Dandoy. ‘Les députés sont élus tous les deux ans. Ils savent très bien que si dans un an et demi Donald Trump refait un discours en la faveur ou la défaveur d’un candidat député, son électorat le suivra. Il a ce pouvoir de mobiliser les foules et les députés en sont conscients’. 

N’oublions pas que près de 75 millions d’Américains ont voté pour Trump.

2. Donald Tump décide de se retirer. On assistera alors à deux sous-phénomènes.

  • Le premier consistera en une disparition progressive des supporters de Trump, qui vont devoir se diriger vers d’autres candidats. 
  • Dans le second cas de figure, un successeur reprendra l’idéologie de Donald Trump. Il mobilisera ‘des mouvements sociaux capables de se rapprocher de ces mouvements populistes qui définissaient le jeu de Donald Trump’.

Un héritier pour ‘un profil unique’

Donald Trump est un personnage sulfureux et charismatique. En vrai showman, il a su mobiliser les foules et les rattacher à sa cause. Son successeur devra véhiculer les idées d’un candidat ‘unique’. 

‘Il est probable que le parti républicain ne connaisse plus d’autre Donald Trump’, explique Régis Dandoy. ‘Quand on parle d’un successeur, il s’agit plus d’une personne qui reprendra ses idées, sa stratégie de communication, son populisme’, mais personne ne pourra jamais vraiment l’égaler. 

Deux pistes sérieuses sont toutefois envisagées : 

1. Sa famille pourrait lui succéder :

  • Son fils et sa fille ont été très engagés dans la présidence de Trump. Ils ont tous les deux pris beaucoup de responsabilités’, explique le politologue. Les enfants de Donald Trump ont des ambitions politiques, sans oublier que les États-Unis restent marqués par des dynasties politiques, comme les Bush père et fils, par exemple.
  • ‘Les enfants de Trump partent donc avec un énorme avantage sur tous les membres du parti. Il est probable, d’ici quelques mois, que l’on voit ses enfants apparaître de plus en plus dans les médias. Mais tout dépendra de la décision de Trump. Ses enfants ne vont pas vouloir éclipser sa stratégie de retour’, ajoute Régis Dandoy.

2. Un leader populiste au sein du parti républicain: 

  • D’après le politologue, Ted Cruz serait l’héritier en première ligne pour surfer sur la vague du trumpisme. Il est aussi parmi ceux qui étaient le plus vocal pour s’exprimer contre les fraudes électorales, il partage aussi ses idées et son style. L’héritage Trump pourra avoir un écho auprès de ce type de personnalité.

Pas de troisième parti

Les tentatives de créer un troisième parti ont été nombreuses, mais ‘l’électorat ne favorise pas l’émergence d’un troisième parti’, explique Régis Dandoy.

‘Il y a d’autres partis, d’autres candidats ont fait scores raisonnables, mais de là à avoir un impact sur la politique nationale, cela demandera un profil idéologique totalement différent pour mobiliser des millions de personnes. Car Donald Trump est toujours leader du parti républicain.’

Donald Trump pourrait-il créer son propre parti ? Le Wall Street Journal rapportait mardi que des discussions avaient eu lieu. Un nom a même circulé: ‘The Patriot Party’.

Un come-back en 2024?

Même si Joe Biden gagne une partie de la confiance de l’électorat républicain, Donald Trump a toutes ses chances de revenir en 2024. Les républicains continueront de soutenir Donald Trump parce qu’il est populaire et parce qu’il peut faire leur faire gagner les élections. ‘Il ne faut pas perdre cet aspect électoraliste des élections américaines.

Il vaut mieux se mettre derrière un candidat qui n’est pas le candidat parfait, mais qui vous me permettra de gagner les élections, plutôt que de se mettre derrière le candidat idéal qui ne va pas attirer les foules’. C’est la force de Donald Trump: ‘S’il souhaite revenir, il va se représenter aux primaires républicaines et il est tout à fait capable de gagner à nouveau ces primaires. Et il sera de nouveau le candidat du parti républicain’, conclut Régis Dandy.

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