Donald Trump ciblé à son tour par une enquête pour fraude électorale: il risque (très) gros

Alors que Donald Trump a longtemps accusé Joe Biden et le clan démocrate d’avoir truqué l’élection présidentielle du 3 novembre dernier, voilà que le républicain est à son tour soupçonné de fraude. Une enquête a été ouverte en Géorgie, État pourtant remporté par Biden.

Tout début janvier, un embarrassant appel téléphonique de Donald Trump avait été révélé au grand public. On y entend celui qui était encore le président des États-Unis s’adresser à Brad Raffensperger, le secrétaire d’État républicain de la Géorgie. Il le flatte, le menace et, surtout, lui demande de trouver des votes permettant de faire passer son État dans son camp.

‘Tout ce que je veux faire, c’est ça: je veux trouver 11.780 voix. Ce qui est une de plus que ce que nous avons, parce que nous avons remporté l’État. Nous avons gagné les élections et il n’est pas juste de nous enlever cela comme ça (…) Je pense que vous devriez dire que vous allez reconsidérer votre position, mais vous devez le faire avec les personnes qui veulent des réponses, pas avec celles qui ne veulent pas de réponses’, intime Trump.

Le président ajoute qu’il est convaincu que l’élection a été truquée en Géorgie – et dans d’autres États – et que Raffensperger, en tant que républicain, doit tout faire pour ‘ne pas laisser ce crime se produire’.

Un peu plus d’un mois plus tard, Raffensperger vient d’annoncer qu’une enquête a été ouverte à l’encontre de Trump au sujet de cet appel.

Que risque Trump ?

‘Le bureau du secrétaire d’État enquête sur les plaintes qu’il reçoit’, a déclaré lundi à Reuters Walter Jones, porte-parole du bureau de Raffensperger. ‘Les enquêtes sont de nature factuelle et administrative. Tout effort juridique supplémentaire sera laissé au procureur général’.

Si le procureur général estime que l’enquête a été probante, celui-ci pourra ensuite décider de mener des poursuites à l’encontre de Trump.

D’après les experts juridiques, la demande faite par Trump à Raffensperger pourrait avoir violé trois lois électorales:

  • Ingérence volontaire dans l’exercice des fonctions électorales d’une autre personne.
  • Complot en vue de commettre une fraude électorale.
  • Sollicitation criminelle ne vue de commettre une fraude électorale.

Si cette première accusation ne constitue qu’un délit, les deux autres peuvent être considérées comme un crime. Dans le meilleurs des cas, les sanctions de Trump pourraient s’en tenir à de grosses amendes. Toutefois, si la ‘sollicitation criminelle en vue de commettre une fraude électorale’ est prouvée et qu’elle est considérée comme un crime, l’ancien président américain risquera alors au minimum un an de prison, ont précisé d’anciens procureurs auprès du New York Times.

De son côté, le clan Trump a estimé que cet appel téléphonique n’avait rien d’illégal.

‘Il n’y avait rien d’inapproprié ou de fâcheux dans un appel programmé entre le président Trump, le secrétaire d’État Raffensperger et les avocats des deux parties. Si M. Raffensperger ne voulait pas recevoir d’appels concernant l’élection, il n’aurait pas dû se présenter au poste de secrétaire d’État’, a déclaré Jason Miller, conseiller principal Trump.

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