Voici les deux avocats choisis par Trump pour son procès en destitution: l’un d’eux a une réputation sulfureuse

EPA-EFE/MICHAEL REYNOLDS

Alors que cinq avocats ont décidé samedi de quitter l’équipe de défense de Donald Trump, l’ancien président américain a dû en trouver d’urgence des remplaçants. Il a annoncé le nom des deux nouveaux élus. Tous deux estiment que cette procédure d’impeachment est anticonstitutionnelle.

Les deux représentants de Trump seront Bruce Castor, un ancien procureur de Pennsylvanie, et David Schoen, un commentateur juridique apparaissant fréquemment à la télévision. Le procès en destitution de l’ancien président américain débutera la semaine prochaine.

Pour rappel, cette procédure d’impeachment a été lancée car Trump est accusé d’avoir incité ses partisans à la violence – ‘à l’insurrection’, selon le terme juridique – le 6 janvier dernier, ce qui avait mené à l’assaut du Capitole.

Castor avait refusé de poursuivre Cosby

Bruce Castor a notamment été procureur du Comté de Montgomery entre 2000 et 2008. Durant cette période, il avait été mêlé à une affaire judiciaire qui avait suscité la polémique. En 2005, Castor avait refusé de poursuivre l’acteur Bill Cosby, accusé d’agression sexuelle à son domicile par une coach sportive.

Par la suite, plusieurs dizaines d’autres femmes avaient fait savoir qu’elles avaient elles aussi été victimes de Cosby. Finalement, l’acteur avait été condamné en 2018 pour l’affaire éludée par Castor treize ans plus tôt. La vedette du Cosby Show avait été envoyée en prison pour une durée de trois à dix ans. Ce qui signifie qu’il pourra demander une demande de libération conditionnelle à la fin de cette année.

Par la suite, Castor avait déclaré qu’il estimait que Cosby aurait dû être poursuivi, mais qu’il ne disposait pas de suffisamment d’éléments nécessaires pour le prouver.

Bruce Castor – Isopix

Après avoir été procureur du Comté de Montgomery, Castor a occupé un siège au sein du conseil des commissaires de ce même comté, jusqu’en 2016. Il a ensuite été brièvement promu au poste de procureur général de Pennsylvanie. Après cela, il a été assistant spécial de procureurs de deux autres comtés de cet État.

Schoen a rencontré Epstein peu avant sa mort

Habitué des plateaux TV, David Schoen est président de la sous-commission « Justice pénale » du Comité des litiges relatifs aux droits civils de l’American Bar Association (ABA), la plus grande association d’avocats au monde.

Il était déjà proche du clan Trump, étant donné qu’il devait défendre en 2020 Roger Stone, grand ami du président. L’homme avait été arrêté en 2019 dans le cadre de l’enquête menée par le procureur Robert Mueller, le Russiagate. Stone avait été condamné à 40 mois de prison pour mensonges au Congrès et subornation de témoin. Il comptait sur Schoen pour le défendre en appel. Trump ayant décidé de commuer sa peine de prison, le procès en appel n’avait finalement pas eu lieu.

Schoen est également connu pour avoir rencontré Jeffrey Epstein quelques jours avant que celui-ci ne se suicide en prison. Pour l’avocat, l’ancien homme d’affaires, accusé de multiples abus sexuels et de trafic de mineurs, ne s’est pas suicidé. Epstein lui aurait demandé de le défendre lors de son futur procès, lors duquel il risquait la prison à perpétuité.

Vont-ils suivre Trump envers et contre tout ?

Si Trump a déjà perdu le soutien de cinq avocats, c’est car ceux-ci avaient refusé de le suivre dans sa volonté de réitérer ses accusations de fraude électorale. Ces derniers souhaitaient plutôt miser sur le fait que la destitution d’un président ayant déjà quitté ses fonctions est anti-constitutionnelle.

Castor et Schoen, qui vont prendre la tête de l’équipe juridique de défense de l’ex-président, estiment également que cette procédure est contraire à la constitution. En revanche, nul ne sait s’ils soutiendront bel et bien Trump dans ses accusations de fraude électorale.

‘Je considère que c’est un privilège de représenter le 45e président. La force de notre Constitution est sur le point d’être mise à l’épreuve comme jamais auparavant dans notre histoire. Elle est forte et résistante. Un document écrit pour des siècles, et elle triomphera du partisanisme une fois de plus, et toujours’, a affirmé Castor.

De son côté, Schoen a déclaré que c’était ‘un honneur de représenter le 45e président, Donald J. Trump, et la Constitution des États-Unis’.

Une destitution peu probable

Pour que l’impeachment de Trump devienne effectif, il faudra que deux tiers des sénateurs votent en faveur de cette destitution. Cela signifie que 17 républicains devront voter pour destituer l’ancien président. A priori, seuls 5 en ont l’intention.

Le vote d’une motion de censure, moins sévère, requiert le vote d’au moins dix sénateurs républicains pour avoir une chance d’être adoptée, ce que certains estiment en revanche envisageable.