Quand la population use de créativité pour manifester en plein confinement

Manifestation du 1er mai contre les mesures de confinement en Allemagne (Isopix)

Le coronavirus n’a pas fait taire les protestations. Même s’il est difficile de manifester en confinement, dans le monde entier, des militants usent d’ingéniosité pour faire entendre leur voix.

Et cela commence déjà chez nous, à Bruxelles. Les travailleurs de l’Horeca, demandent que le gouvernement belge se décide sur une date de réouverture des bars et des restaurants. Et pour le faire savoir, ils ont lancé une action sur la Grand-Place de Bruxelles: un millier de blouses blanches et noires de cuisinier ont été déposées sur le sol. De cette manière, ils protestent, mais sans rompre le confinement, sans se mettre en danger.

En Serbie, les citoyens ont décidé de faire entendre leur raz-le-bol des mesures de confinement. Mais pas question de bouger de chez eux car le soir, un couvre feu est imposé. Alors, pendant deux nuits, la semaine passée, ils ont créé une véritable cacophonie de tambours, casseroles, sifflets, etc. dans les rues du pays.

En Allemagne tout comme en Grèce, les manifestants continuent de se rassembler, mais en conservant les distances sociales réglementaires. La scène semble surréaliste. Les manifestants restent bien à leur place, mais continuent de chanter et des scander des slogans protestataires.

Manifestation du 1er mai, contre les mesures de confinement décidées par le gouvernement grec. (Isopix)

En Allemagne, ces rassemblements sont légales. Ils ont été autorisés par la Cour constitutionnelle, mais la distanciation sociale reste obligatoire. Parfois, cependant, la manifestation dégénère, comme à Berlin, le 1er mai où les forces de l’ordre ont procédé à de multiples arrestations musclées.

En Grèce, rien ne semble interdire ce type de rassemblements, même si le gouvernement les déconseille fortement.

Les autres combats continuent

Si les mesures de confinement sont au cœur des préoccupations des citoyens du monde entier, d’autres combats continuent d’être menés.

En Pologne, le mouvement féministe se positionne contre la décision de gouvernement d’interdire les IVG pour les fœtus avec une malformation. Mi-avril, elles avaient créé un énorme embouteillage dans les rues de Varsovie. Mais comme la manifestation a été réprimée par les autorités, elles ont décidé d’afficher un éclair rouge, symbole de résistance, partout où elles le pouvaient: sur leur balcon, sur les murs de la ville, sur des pancartes dans les files d’attente et bien sûr sur les réseaux sociaux.

(Isopix)

La militante écologiste Greta Thunberg, de son côté, continue ses grèves scolaires, alors même que les écoles sont fermées dans de nombreux pays. Comme elle ne peut pas sortir pour manifester, c’est sur les réseaux sociaux qu’elle mène maintenant son combat. Tous les vendredis, elle poste une photo sur Instagram avec son célèbre panneau ‘Skolstrejk för Klimatet’ et invite les élèves du monde entier à la suivre sous le hashtag ‘climatestrikeonline’.