Nouveau clash: l’expert Emmanuel André ne se fait pas que des amis en politique

Steven Van Gucht et Emmanuel André – Isopix

L’épidémiologiste a réagi sans détour aux accusations dont il fait l’objet. Un ministre-président a pointé du doigt son manque de loyauté. L’expert aurait même fait fuiter le fameux rapport du GEES en plein confinement. ‘Faux’, rétorque-t-il sur Twitter, en demandant à son interlocuteur de sortir de l’anonymat.

Côté pile, Emmanuel André a récemment été plébiscité comme l’expert à la meilleure cote de popularité en Belgique francophone. Son calme, sa locution et son expertise ont été presque unanimement appréciés. Côté face, déjà deux démissions et des prises de position politiques qui en chatouillent plus d’un.

Quand l’épidémiologiste n’est pas d’accord, il le fait savoir. Peu importe si cela affecte un membre du gouvernement. Maggie De Block (Open VLD), déjà bien empêtrée, a pu en faire l’expérience par tweets interposés.

Emmanuel André a également visé l’homme – ‘totalitaire’ – qui est derrière le tracing en Belgique après avoir quitté ses fonctions de coordinateur. Il ne s’est pas privé non plus de critiquer la gestion de la crise du Risk Assement Group (RAG), composé d’experts, et son manque de recommandation pour le port du masque. Une question qui est d’ailleurs toujours en débat et qui pourrait faire l’objet d’une clarification ce mercredi au Conseil national de sécurité. Emmanuel André plaide également pour une refédéralisation des soins de Santé avec collègue Marc Van Ranst, un autre expert qui n’a pas sa langue dans sa poche au nord du pays.

La taupe

Forcément, ces critiques répétées et remarquées sont modérément appréciées. Les langues se délient du côté politique. Un ministre-président reproche à l’expert son manque de loyauté: ‘Pour moi, c’est Emmanuel André qui a été le moins loyal de tous les experts. Il n’a aucune considération pour le monde politique et n’a pas hésité à s’exprimer dans la presse, parfois en s’éloignant de ce qu’il nous déclarait à nous, politiques’, peut-on lire dans La Libre.

Notamment en cause, le rapport du GEES du 22 avril qui fuite dans Le Soir, 48 heures avant le CNS du vendredi. Un rapport provisoire qui avait apporté à l’époque une certaine confusion. La démission quelques jours plus tard d’Emmanuel André de son poste de porte-parole de Sciensano le rendra suspect. Pour le ministre-président anonyme, il fait peu de doutes que la fuite vient des experts et le nom d’Emmanuel André est logiquement évoqué.

‘Un ministre-president sous couvert de l’anonymat (!!!) suggère que j’ai transmis un rapport préliminaire du GEES à la presse. C’est faux et je demande qu’il ait le courage de sortir de l’anonymat pour que nous puissions nous expliquer’, écrit l’épidémiologiste sur Twitter. Dans la Libre, Emmanuel André explique que la décision de sa démission avait déjà été pensée bien avant et même évoquée avec la Première ministre ‘deux semaines plus tôt’.

Emmanuel André ne nie pas prendre parfois position, et il continuera à le faire. Mais il s’estime ‘loyal’, expliquant qu’il n’a jamais remis ‘en question publiquement une décision du CNS’.

La Belgique compte 5 ministres-présidents: Elio Di Rupo (PS, Wallonie), Rudi Vervoort (PS, Bruxelles), Jan Jambon (N-VA, Flandre), Pierre-Yves Jeholet (MR, FWB) et Oliver Paasch (Communauté germanophone). Faites vos jeux.