Les Russes pourraient-ils aussi passer à l’offensive dans l’espace ?

Alors qu’une attaque de grande ampleur sur l’Ukraine est en cours, tous les généraux et les experts en stratégie du monde se demandent quel sera le prochain geste de Vladimir Poutine. Aux USA, tout le département d’État est sur les dents et, vu l’importance que prennent l’information et le renseignement dans ce conflit, on craint de voir l’armée russe porter la guerre dans l’espace.

Plusieurs satellites américains pourraient être la cible de la Russie, craint le chef du National Reconnaissance Office (NRO) des États-Unis. Or ces engins d’observation sont largement braqués sur l’Ukraine, où les combats semblent toujours faire rage depuis que les troupes russes ont lancé l’invasion.

Satellites civils et militaires

Le NRO exploite des satellites espions appartenant au gouvernement américain, mais de plus en plus d’images et de renseignements sont recueillis et distribués par des opérateurs de satellites commerciaux tels que Maxar, Planet, BlackSky et d’autres, de sorte que toute tentative de perturber la capacité des États-Unis à recueillir des renseignements pourrait avoir des répercussions sur le secteur spatial privé comme public.

« Je pense que nous voyons assez clairement que la Russie est déterminée à faire ce qu’elle veut en Ukraine, et qu’elle veut gagner », estimait ce mercredi le directeur du NRO, Christopher Scolese. « Je pense donc qu’il est juste de supposer que, dans la mesure où ils le peuvent, et dans la mesure où ils estiment que cela n’étendra pas le conflit hors de leur contrôle, ils l’étendront dans l’espace. » Une crainte qui se fait d’autant plus pressante que le conflit a tout d’un coup gagné en intensité.

Brouillage GPS et missiles antisatellites

Le directeur du NRO n’a pas précisé à quel type de menace pourrait être confrontée la flotte de satellites américains, mais la Russie pratiquerait déjà allégrement le brouillage GPS. Il a donc exhorté les opérateurs de satellites commerciaux et gouvernementaux à la prudence.

L’année dernière, la Russie a aussi procédé à des tirs de missiles antisatellites, détruisant en novembre un de ses propres engins orbitaux hors d’usage. Mais cette manœuvre a occasionné un champ de débris qui s’est révélé potentiellement dangereux pour l’ISS, et les États-Unis avaient déjà accusé Moscou d’activement rechercher la militarisation de l’espace. Il n’est pas totalement exclu que générer des débris puisse être une manœuvre délibérée pour gêner ou endommager des engins adverses.

Un danger que la Défense américaine prend très au sérieux : plus tôt cette année, elle s’est lancée dans un programme de développement de satellites équipés de moteurs à propulsion nucléaire, assez maniables et assez réactifs pour se mettre à l’abri en cas d’attaque. Mais ces engins n’ont pas encore dépassé le statut d’ébauche.

« Mieux vaut être préparé que surpris »

« Je dirais à tout le monde que la chose importante est de s’assurer que vos systèmes sont sécurisés et que vous les surveillez de très près, parce que nous savons que les Russes sont très efficaces sur le plan cybernétique », a insisté Christopher Scolese auprès de Space News. « Et, encore une fois, il est difficile de dire jusqu’où ils vont aller pour atteindre leurs objectifs. Mais il vaut mieux être préparé que surpris. « 

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