Les Chinois se méfient de leurs propres vaccins: le gouvernement donne désormais de l’argent à ceux qui se font vacciner

En Chine, où l’épidémie de coronavirus a été largement contenue depuis le milieu de l’année dernière et où les fabricants de vaccins se sont initialement concentrés sur l’exportation, à peine 4% de la population est actuellement vaccinée. La population a très peu confiance en ses propres vaccins et n’y voit pas vraiment d’intérêt. Pour les convaincre, les autorités proposent désormais de l’argent et des cadeaux.

Le 100e anniversaire du Parti communiste chinois (juillet 2021), qui revêt une grande importance politique, et les futurs Jeux Olympiques d’hiver Pékin (février 2022) servent de points de repère à la Chine. Pékin veut vacciner 40% de la population d’ici la fin juin et plus de 64% d’ici la fin de l’année. La Commission nationale de la santé de Chine a déclaré lundi qu’elle souhaitait passer rapidement à 10 millions de vaccinations par jour, contre environ 3 millions actuellement.

Pour atteindre cet objectif, les responsables mobilisent les districts et quartiers locaux, les universités, les entreprises et les écoles pour convaincre les habitants de se faire administrer l’un des cinq vaccins chinois dont l’utilisation a été approuvée dans le pays.

7 euros en cash, ailes de poulet gratuites et bons d’achat en épicerie

Les villages ont accroché des banderoles et envoyé des employés dans les foyers pour convaincre les habitants qu’il est de leur devoir national de se faire vacciner. Malgré les doutes sur les éventuels effets secondaires ou le fait que beaucoup ne voient pas d’urgence à se faire vacciner, étant donné les faibles taux d’infection en Chine.

Certains endroits offrent même des paquets de mouchoirs, des œufs, de la farine et des bons d’achat en épicerie à ceux qui se font vacciner. Dans le district de Chaoyang, à Pékin, les entreprises dont plus de 80% du personnel a été vacciné ont reçu des certificats à afficher comme décoration. Un restaurant japonais a offert des portions gratuites d’ailes de poulet et des dumplings aux 50 premiers clients ayant montré qu’ils avaient été vaccinés.

À Pinggu, dans la banlieue de Pékin, les habitants ont été informés qu’ils recevraient 50 yuans (environ 7 euros) en espèces – ou l’équivalent en produits – une fois qu’ils seraient complètement vaccinés. D’autres banlieues ont même promis jusqu’à 100 yuans pour chaque vaccination. Dans le district de Shijingshan, les résidents vaccinés ont un accès gratuit à tous les parcs.

Pas de vaccin, pas de diplôme

Les efforts que le gouvernement chinois doit déployer pour convaincre le public de la sécurité des vaccins chinois mettent en évidence les limites de la diplomatie vaccinale. Au cours du week-end dernier, le ministère chinois de l’éducation a appelé les collèges et les écoles à ‘guider les enseignants et les étudiants’ afin qu’ils puissent ‘faire connaître le rôle positif des vaccins, dissiper les doutes et encourager la volonté à se faire vacciner’. La radio d’État China Radio International a conseillé aux services de propagande locaux d’utiliser des moyens ‘amusants et innovants’ pour convaincre les habitants des avantages des vaccins.

Mais ce n’est pas seulement par des ‘moyens amusants’ et des incitations que les Chinois sont poussés à se faire vacciner. Par exemple, des collèges et universités ont menacé de ne pas laisser les étudiants obtenir leur diplôme s’ils ne sont pas vaccinés, et certaines entreprises ont exigé que tous leurs employés soient vaccinés, quel que soit leur état de santé personnel. Dans la province méridionale de Hainan, dans la ville de Wancheng, les résidents non vaccinés ont été mis sur une liste noire, les empêchant notamment d’accéder aux transports publics ou aux marchés locaux. Le service de propagande qui supervise la ville a, depuis, supprimé cette mesure.

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