L’armée américaine planche sur un satellite patrouilleur capable d’aller jeter un œil jusqu’aux environs de la Lune

La vision de l’espace comme une zone stratégique à surveiller et à contrôler était déjà dans l’air du temps ; elle n’en est devenue que plus présente dans les esprits depuis l’invasion russe de l’Ukraine et la crainte d’une frappe contre des satellites d’observation, civils ou militaires. Dans ce contexte tendu, l’US Air Force et la branche spatiale de l’armée américaine, Space Force, planchent sur des satellites plus réactifs en cas de menace, mais aussi sur de nouveaux vaisseaux capables de surveiller ce qui se trame en orbite lointaine, jusqu’aux alentours de la Lune.

Le laboratoire de recherche des forces aériennes américaines (Air Force Research Laboratory, AFRL) vient de lancer un appel aux industries afin de mettre au point un vaisseau patrouilleur capable de surveiller le trafic spatial au delà de l’orbite géosynchrone, soit au delà des 36.000 km d’altitude et jusqu’à la Lune.

Surveiller les dangers autours de la Lune

Ce satellite expérimental a été nommé Cislunar Highway Patrol System (CHPS) et aura pour mission de surveiller tout ce qui pourrait s’avérer dangereux et qui rôderait à haute altitude. En premier lieu les débris d’autres satellites hors d’usage ou de fusées, mais comme on parle d’un projet lancé par l’armée américaine, on ne peut laisser de côté l’idée que la patrouille cislunaire guettera aussi les engins mis en orbite par des puissances rivales.

Le projet est géré par le Space Enterprise Consortium (SpEC) de Space Force. Seuls les membres du consortium peuvent consulter les détails de l’appel d’offre et peuvent concourir pour les contrats. Les soumissions doivent être déposées avant le 1er avril.

« Le programme CHPS permettra d’assurer la connaissance du domaine spatial dans une région qui est mille fois plus grande que notre zone de responsabilité actuelle », a déclaré Michael Lopez, directeur du programme de patrouille cislunaire. « L’AFRL est intéressé à entendre des entreprises qui pourraient avoir des idées différentes des nôtres, et qui pourraient contribuer aux capacités du satellite. »

Space Force veut des yeux 10 fois plus haut

Auparavant, les satellites de surveillances de Space Force évoluaient en effet sous les 36.000 km qui délimitent l’orbite géosynchrone, soit l’altitude à laquelle un satellite se déplace dans le même sens que la planète (d’ouest en est pour la Terre) et dont la période orbitale est égale à la période de rotation sidérale de la Terre (soit environ 23 h 56 min 4,1 s). Ce patrouilleur lunaire devrait lui, est capable d’évoluer jusqu’aux 385.000 km d’altitude, ce qui le ferait côtoyer la Lune.

Un autre objectif du projet CHPS est d’aider les militaires à acquérir de l’expérience dans le fonctionnement du matériel dans l’environnement gravitationnel complexe entre la Terre et la Lune, et de contribuer à la maturation de la technologie nécessaire pour communiquer et naviguer près de la Lune. Une expérience très intéressante pour le secteur spatial dans son ensemble donc, y compris les acteurs civils et commerciaux, qui s’intéressent fort à notre satellite naturel. Mais ne perdons pas de vue qu’elle est menée par des militaires.

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