La solution de Bombardier pour résister à l’ogre chinois CRRC

Le géant chinois de l’industrie ferroviaire CRRC inquiète tous ses concurrents. Il fait surtout peur à Bombardier Transport, en difficulté financière. Les Canadiens sont donc à la recherche un partenaire avec qui fusionner.

Depuis mardi, les rumeurs vont bon train sur le possible rachat de Bombardier Transport par l’entreprise française Alstom. Les deux PDG ont discuté de la possibilité de fusionner, mais aucune annonce officielle n’a encore été publiée. Les Canadiens auraient aussi des contacts avec l’entreprise japonaise Hitachi.

D’où vient cet empressement soudain?

La filiale ferroviaire de Bombardier Inc. a quelques problèmes de trésorerie. En cause, des retards dans le commandes. Les paiements tardent et les factures des fournisseurs s’empilent. Dernièrement, l’entreprise a reçu un avertissement sur les bénéfices pour 2019. Et les pressions pour lever rapidement des fonds sont de plus en plus fortes.

Pour se sortir de ce mauvais pas, Bombardier a la possibilité de fusionner avec un de ses concurrents. Ses dettes seraient ainsi épongées. Et son partenaire bénéficierait de plusieurs contrats toujours en cours d’exécution. Cette fusion permettrait surtout de s’opposer un peu plus au géant chinois CRRC, numéro 1 mondial dans le secteur ferroviaire.

La menace chinoise

CRRC est une société assez récente. Elle est née en 2015 du rassemblement de deux entreprises ferroviaires étatiques chinoises. En 4 ans, elle a toutefois réussi à s’implanter dans de nombreux nouveaux pays en Amérique du Nord et du Sud, en Europe de l’Est et en Asie. Son chiffre d’affaires est désormais plus haut que ceux de Siemens, Alstom et Bombardier réunis.

Pour lutter contre ce géant, les sociétés Alstom et Siemens avaient annoncé l’année dernière qu’elles allaient fusionner. Mais la commissaire européenne à la concurrence, Margrethe Vestager, avait refusé sous prétexte qu’il ‘n’y a aucune perspective d’entrée des Chinois en Europe dans un avenir prévisible’.

Sauf qu’en août dernier, soit quelques mois seulement après ce refus, CRRC a racheté le fabricant allemand de locomotive, Vossloh. Même s’il ne s’agit que de locomotives pour le triage et la maintenance, l’entreprise chinoise a quand même réussi à s’implanter directement en Europe. Les grandes entreprises continentales se sentent de plus en plus menacées.

Alstom + Bombardier, que dira la concurrence?

Si Alstom et Bombardier veulent fusionner, ils devront d’abord demander l’avis de la Commission européenne. Les deux entreprises sont des concurrents directs en Europe. En fusionnant, ils pourraient créer un duopole avec Siemens sur ce marché. A voir maintenant si l’entreprise allemande sera vue comme un concurrent assez puissant face à un regroupement Alstom/Bombardier et si la menace chinoise pèse suffisamment sur le marché pour être considérée comme un véritable troisième concurrent. Une révision des règles européennes sur la concurrence pourrait également rendre cette fusion possible.

Bombardier peut toujours se diriger vers une fusion avec Hitachi. Le risque de monopole est beaucoup plus faible. En Europe, le constructeur japonais n’est présent qu’en Grande-Bretagne, un marché où le Canadien est très peu actif.

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