Les notifications de l’iPhone de Margrethe Vestager lui inspirent l’ouverture d’une enquête contre Apple

La commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager, prend une photo avec son smartphone iPhone conçu par Apple
EPA-EFE/STEPHANIE LECOCQ

Avoir Margrethe Vestager, la Commissaire européenne à la Concurrence comme cliente se révèle être une pomme empoisonnée pour Apple. La Danoise, détentrice d’un iPhone, a été intriguée par les notifications de son smartphone l’exhortant à installer l’application de paiement Apple Pay. En conséquence, elle a décidé de lancer une enquête préliminaire pour vérifier si ces alertes ne témoignent pas d’une situation de concurrence déloyale. 

Les représentants de l’UE ont demandé aux entreprises du secteur de leur indiquer les méthodes qu’Apple pourrait employer pour favoriser l’utilisation de son application de paiement Apple Pay sur les iPhones au détriment d’autres méthodes de paiement.

Apple abuse-t-elle se sa position dominante avec Apple Pay ?

En effet, la multiplication des systèmes de paiement concurrents, et la possibilité que les géants technologiques abusent de leur position dominante, soulèvent des questions, a affirmé Vestager. Récemment, la Commission a également lancé une enquête concernant le projet de monnaie virtuelle de Facebook, la Libra. Le régulateur s’inquiète qu’elle puisse créer ‘d’éventuelles restrictions à la concurrence’.

‘Nous aimerions comprendre comment on peut autoriser un système de paiement différent lorsque l’on propose soi-même un système de paiement qui se montre insistant pour qu’on l’installe sur son téléphone’, a expliqué Vestager. ‘J’ai encore ces points rouges. Mon téléphone me dit: « Je ne me sens pas complet parce que tu n’as pas installé le système Apple Pay« ’, a-t-elle ajouté.

Les GAFA dans le collimateur

Depuis qu’elle a été nommée à son poste de Commissaire à la Concurrence en 2014, Vestager s’est montrée particulièrement vigilante avec les géants technologiques américains. Elle leur reproche leurs tentations d’abuser de leur position dominante pour imposer leur domination dans de nouveaux secteurs. Sous sa houlette, la Commission a infligé pas moins de 8 milliards d’euros d’amendes à Google.

Apple, de son côté, a été accusée d’avoir indûment profité d’un accord fiscal signé avec Dublin. L’Irlande l’a exemptée du paiement de 13 milliards d’euros d’impôts entre 2003 et 2014. Mais selon la Commission, il s’agit d’une aide publique illégale, qu’Apple a dû rembourser.

La firme est également mise en cause par l’application de streaming musicale Spotify, qui lui reproche d’avoir lancé un service concurrent qui ne sera pas soumis aux mêmes conditions qu’elle sur l’App Store d’Apple. Enfin, les banques dénoncent aussi le fait qu’Apple bloque leur accès à la technologie NFC sur les puces des iPhones, qui gère les paiements sans contact. La firme de Cupertino justifie ces restrictions par des préoccupations de sécurité.