Les États-Unis suspendent la liste noire des entreprises chinoises spécialisées dans l’IA et les puces électroniques afin d’apaiser les tensions avec la Chine


Principaux renseignements

  • L’administration Trump a reporté la mise en place d’une liste noire commerciale visant DeepSeek, CXMT et plus de 100 entreprises chinoises.
  • Les experts en sécurité avertissent que ce sursis risque d’entraîner la fuite de technologies américaines critiques vers des adversaires.
  • La prudence diplomatique l’emporte actuellement sur les impératifs de sécurité nationale au sein du ministère du Commerce.

L’administration Trump aurait reporté la publication d’une liste noire commerciale comprenant la société d’IA DeepSeek, le fabricant de puces CXMT et plus de 100 autres organisations chinoises, rapporte Reuters.

Bien qu’un groupe interinstitutionnel ait approuvé ces ajouts l’année dernière pour des raisons de sécurité nationale, le ministère du Commerce ne les a pas encore officiellement inscrits sur la liste, probablement pour éviter une nouvelle escalade des tensions diplomatiques avec Pékin.

Ambitions de DeepSeek en matière d’IA 

DeepSeek fait l’objet d’une surveillance étroite pour avoir prétendument apporté son aide aux services de renseignement et à l’armée chinois. Un responsable du Département d’État américain avait précédemment signalé les tentatives de l’entreprise d’acquérir des semi-conducteurs américains sophistiqués par l’intermédiaire de sociétés écrans en Asie du Sud-Est.

De plus, les pionniers de l’IA OpenAI et Anthropic ont alerté les autorités sur le fait que DeepSeek et d’autres laboratoires chinois avaient tenté de reproduire illicitement leurs capacités avancées en matière d’IA afin d’améliorer leurs propres systèmes.

Accès au matériel

CXMT, premier fabricant chinois de puces mémoire, avait déjà été qualifié d’entité liée à l’armée par le ministère de la Défense sous l’administration précédente. Son inscription sur la liste des entités du ministère du Commerce empêcherait de fait les entreprises américaines de fournir des logiciels ou du matériel à ces sociétés sans licence gouvernementale, qui est rarement accordée.

Experts en sécurité mettent en garde contre les failles de sécurité

L’actuelle interruption des mises à jour de la liste des entités – la plus longue depuis plus de dix ans – a suscité l’inquiétude des experts en sécurité. Philip Luck, du Center for Strategic and International Studies, suggère que ce retard pourrait permettre à des technologies américaines critiques de tomber entre les mains d’adversaires. De même, l’ancien responsable Kevin Kurland fait valoir que les considérations commerciales priment actuellement sur les mesures essentielles de sécurité nationale.

La liste des ajouts en attente est longue et comprend au moins 75 entreprises impliquées dans la modélisation de l’IA et les équipements pour semi-conducteurs. Parmi les autres entités visées figurent celles qui fournissent des drones à la Russie et celles qui vendent des puces Nvidia soumises à des restrictions à des établissements universitaires chinois, ainsi que les fabricants de robotique militaire.

Hésitations internes

Selon certaines sources, Jeffrey Kessler, sous-secrétaire au Commerce chargé de l’industrie et de la sécurité, aurait hésité à finaliser ces inscriptions afin d’éviter de provoquer la Chine.

Cette hésitation témoigne d’une paralysie perçue plus générale au sein du Bureau de l’industrie et de la sécurité. Par exemple, ce bureau n’a pas mis en place de réglementation de remplacement pour les règles de l’ère Biden régissant l’exportation mondiale de puces d’IA, créant ainsi potentiellement une faille permettant à ce matériel d’atteindre des entreprises chinoises via des pays tiers.

(at)(fc)

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