Principaux renseignements
- Les États-Unis et l’Iran travaillent à la conclusion d’un accord de paix concernant le détroit d’Ormuz, mais la question est de savoir combien de temps celui-ci tiendra.
- Le désespoir mutuel maintient un cessez-le-feu fragile malgré de profondes divergences.
- Les désaccords sur les frais de transport maritime et les avoirs gelés menacent la pérennité de l’accord.
Le fragile cadre de paix entre les États-Unis et l’Iran est actuellement menacé par un désaccord fondamental concernant le détroit d’Ormuz. Alors que Washington soutient que la navigation dans cette voie maritime doit rester gratuite en permanence, Téhéran propose qu’une période de grâce de 60 jours soit suivie de l’introduction de frais de service maritime. Pour l’instant, les deux pays semblent vouloir maintenir le cessez-le-feu, poussés par un besoin urgent de suspendre les hostilités, mais la question est de savoir combien de temps cela va durer.
Différences d’opinion
Les conditions immédiates de l’accord prévoient une trêve de deux mois, la reprise du trafic maritime commercial et une réduction de l’agression navale américaine, associées à des engagements de l’Iran à protéger les pétroliers.
Cependant, ce cadre ne traite que des crises opérationnelles urgentes tout en ignorant les différends stratégiques à long terme, tels que les guerres par procuration régionales, les ambitions nucléaires et les sanctions. De plus, un désaccord persiste concernant les avoirs gelés ; l’Iran affirme qu’il recevra la moitié des 24 milliards de dollars (20,7 milliards d’euros) avant les négociations finales, tandis que les responsables américains affirment qu’aucun fonds ne sera débloqué tant que toutes les conditions de l’accord ne seront pas remplies.
Les États-Unis ont besoin d’une pause
Les États-Unis sont motivés à maintenir cette pause afin d’éviter les retombées politiques d’un nouveau conflit prolongé au Moyen-Orient. À la suite d’une campagne axée sur la fin des « guerres sans fin », une pression interne importante s’exerce pour privilégier la stabilité économique plutôt que l’escalade militaire.
De plus, le Pentagone est désireux de rediriger ses stocks d’intercepteurs épuisés et ses moyens navals hors de la région afin de se concentrer sur l’Indo-Pacifique et le défi posé par la Chine.
Risques externes
Dans le même temps, l’Iran subit d’énormes pressions économiques. Avec des infrastructures en ruine, une inflation galopante et des recettes en baisse, Téhéran a désespérément besoin de reprendre ses exportations de pétrole pour stabiliser son économie. Ce désespoir mutuel crée une stabilité temporaire, même si la gouvernance sous-jacente du détroit d’Ormuz reste un sujet de discorde.
Des facteurs externes compliquent encore cet équilibre précaire. Israël n’étant pas signataire de l’accord, toute offensive israélienne majeure contre le Hezbollah pourrait inciter l’Iran à se réengager dans le conflit, risquant ainsi de réduire à néant l’ensemble des efforts diplomatiques. De plus, le marché mondial du transport maritime reste sceptique ; les compagnies d’assurance continuant de classer le détroit comme une zone de guerre à haut risque, des primes élevées pourraient entraver une reprise économique complète, malgré le cessez-le-feu officiel.
Et après 60 jours ?
En fin de compte, l’accord actuel présente des failles structurelles et ne parvient pas à résoudre les principaux points de friction. Si le désir de paix peut permettre de préserver la trêve pendant les deux premiers mois, la véritable viabilité de l’accord sera déterminée au 61e jour, lorsque la fenêtre temporaire se fermera et que le différend sur les frais de transport atteindra un point de rupture.
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

