Les ventes au détail aux États-Unis reculent de 0,6 pour cent en juillet, leur plus forte baisse depuis un an


Principaux renseignements

  • Les ventes au détail aux États-Unis ont chuté de 0,6 pour cent en juillet, enregistrant leur plus forte baisse depuis plus d’un an.
  • La persistance des prix élevés alimente le pessimisme croissant des consommateurs et affaiblit la dynamique économique.
  • Les détaillants proposent des remises agressives sur leurs produits pour attirer les acheteurs de fin d’année soucieux de leur budget.

Les dépenses de consommation aux États-Unis ont connu en juillet un recul surprenant et important, la plus forte baisse depuis plus d’un an. Selon les chiffres publiés vendredi par le ministère américain du Commerce, le chiffre d’affaires du commerce de détail a reculé de 0,6 pour cent. Ce résultat contraste fortement avec la hausse de 0,2 pour cent enregistrée en juin et se situe bien en deçà de la croissance modeste attendue par les économistes. Ce recul fait suite à une période d’activité accrue en avril et mai, durant laquelle les remboursements d’impôts accordés par le gouvernement avaient stimulé les dépenses, tout comme la forte hausse des achats enregistrée pendant la Coupe du monde de football et l’événement « Prime Day » d’Amazon.

Dynamique économique

Cette baisse, combinée aux chiffres de l’emploi récemment décevants, a fait craindre que l’économie ne perde de son élan après un début d’année solide. Un indice de l’université du Michigan montre par ailleurs une montée du pessimisme chez les consommateurs. Ce pessimisme est en grande partie attribué au poids persistant des prix élevés. Certains analystes ont depuis revu à la baisse leurs prévisions de croissance économique pour le troisième trimestre. D’autres estiment en revanche qu’il est trop tôt pour conclure que le consommateur américain s’est complètement retiré. Ils soulignent à cet égard que les ménages aisés continuent de profiter d’un marché boursier solide.

Reculs sectoriels

Certains secteurs ont particulièrement souffert du ralentissement de juillet. Le commerce en ligne a enregistré une baisse de 2,2 pour cent après la ruée du Prime Day, et les ventes automobiles ont reculé de 1,8 pour cent à mesure que les incitations promotionnelles précédentes s’estompaient. Par ailleurs, les ventes d’électronique et d’électroménager ont reculé de 0,5 pour cent. Les stations-service ont également enregistré une baisse d’activité de 0,9 pour cent, bien que celle-ci ait été influencée par la fluctuation des coûts du carburant. Alors que les prix de l’essence avaient baissé au début du mois, ils ont de nouveau augmenté vers la fin du mois de juillet en raison des tensions géopolitiques dans le détroit d’Ormuz.

Poche de résilience et tendances de l’inflation

Malgré ces baisses, certains secteurs ont fait preuve de résilience. Les secteurs des matériaux de construction, de l’ameublement et de l’habillement ont enregistré des hausses. De plus, le secteur de la restauration s’est montré solide avec une hausse de 0,5 pour cent. Les indicateurs économiques ont également fait état d’un léger ralentissement de l’inflation. Le taux annuel est passé de 3,5 pour cent en juin à 3,4 pour cent en juillet, ce qui a apporté un certain soulagement après le pic enregistré en mai.

Perspectives d’avenir

Pour l’avenir, les entreprises misent sur la rentrée scolaire et les fêtes de fin d’année pour attirer les acheteurs soucieux de leur budget. De nombreux grands distributeurs, dont Target et Walmart, proposent des remises agressives afin d’attirer les clients lassés par l’inflation. Certains exploitants de centres commerciaux font état d’une augmentation de la fréquentation. Cela semble indiquer que davantage d’Américains optent pour des vacances dans leur pays et des expériences d’achat à prix abordables afin de ménager leur budget. (ev)

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