La Russie rejette la proposition de trêve maritime en mer Noire


Principaux renseignements

  • La Russie a rejeté une proposition de trêve maritime en mer Noire.
  • Moscou accuse les frappes de drones ukrainiens d’entraver les efforts diplomatiques.
  • Les enjeux géopolitiques prennent désormais le pas sur tout accord potentiel concernant les exportations de céréales.

Moscou a rejeté une proposition de trêve maritime en mer Noire, arguant qu’un tel accord ne ferait que procurer au gouvernement ukrainien un répit à court terme.

À la demande de la Turquie

Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, a déclaré le 14 août qu’il n’y avait aucune justification à un cessez-le-feu. Elle s’est en outre demandé si la Turquie avait bel et bien officiellement soumis cette demande aux autorités russes.

Alors qu’Ankara présente une version différente – le ministre des Affaires étrangères Hakan Fidan ayant affirmé le 8 août que la Turquie avait exhorté les deux nations à mettre en place un mécanisme de cessez-le-feu –, la Russie nie avoir reçu une proposition officielle détaillant les conditions spécifiques de ce moratoire.

Allégations de terrorisme maritime

Pour justifier ce refus, Mme Zakharova a accusé l’Ukraine de mener de fréquentes frappes « terroristes » par drones contre des navires civils et marchands. Moscou soutient que ces attaques incessantes rendent impossible toute avancée diplomatique, bien que ces allégations ne fassent l’objet d’aucune vérification indépendante.

L’échec de l’initiative sur les céréales

De plus, le Kremlin a explicitement exclu tout retour à l’initiative sur les céréales de la mer Noire, qui a fonctionné de 2022 à 2023. La Russie affirme que l’accord précédent a échoué parce que les sanctions occidentales sur ses exportations agricoles étaient toujours en vigueur et parce que le corridor a été détourné pour lancer des attaques contre des cibles russes.

Risques pour la navigation civile

Tout futur accord maritime dépend désormais des exigences géopolitiques plus larges de la Russie. Celles-ci comprennent des garanties pour les russophones en Ukraine et l’élimination des risques sécuritaires qu’elle associe à l’expansion de l’OTAN vers ses frontières. Par conséquent, une trêve limitée se concentrant uniquement sur la mer semble improbable.

Parallèlement, les risques pesant sur le trafic maritime civil ne cessent de s’aggraver. Au cours des mois d’été, les frappes de missiles russes contre des navires marchands dans les ports ukrainiens ont fait des victimes parmi les équipages de diverses nationalités, notamment du Libéria, de Tanzanie et du Togo. Lors d’un incident spécifique survenu en juillet, un cargo battant pavillon d’Antigua-et-Barbuda a été touché dans la région d’Odessa, faisant un mort et trois blessés. (fc)

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