Négociations budgétaires en Belgique : voici comment le gouvernement De Wever entend faire payer les « plus solides »


Principaux renseignements

  • Le gouvernement De Wever cherche à réaliser 10 milliards d’euros d’économies et de recettes.
  • Les partis de centre-gauche au sein du gouvernement espèrent ainsi surtout s’attaquer à ce qu’on appelle les « plus solides ».
  • Les taxes foncières constituent la source la plus probable de nouveaux financements.

Le gouvernement De Wever s’apprête à tenir un sommet budgétaire intense afin d’identifier 10 milliards d’euros d’économies et de recettes pour la période 2027-2029. Ce « conclave budgétaire », décrit comme l’un des plus difficiles depuis un demi-siècle, exigera des cinq partis de la majorité qu’ils procèdent à des compromis difficiles concernant les dépenses publiques, les soins de santé et la TVA.

L’un des thèmes centraux de ces discussions est la volonté des partis du centre et de gauche d’alourdir la charge financière pesant sur les citoyens belges les plus fortunés. C’est ce qu’écrit La Libre.

L’impôt sur la fortune

Une proposition d’impôt annuel sur la fortune destiné aux millionnaires est actuellement débattue, avec des taux progressifs allant de 0,3 pour cent à 0,6 pour cent pour les patrimoines supérieurs à 1 million d’euros. Bien que cette mesure puisse potentiellement générer des recettes importantes, les experts estiment qu’elle a peu de chances d’être mise en œuvre.

Parmi les principaux obstacles figurent l’absence d’un registre national complet des fortunes, la difficulté d’évaluer les actifs non cotés en bourse, tels que les entreprises familiales ou les œuvres d’art, et le risque de voir les particuliers fortunés transférer leur capital à l’étranger. De plus, le MR s’oppose fermement à toute nouvelle taxe, ce qui fait de cette proposition davantage un argument de négociation qu’une mesure susceptible d’aboutir.

Adaptation des cadres fiscaux existants

Au lieu de créer de nouveaux impôts, le gouvernement pourrait ajuster ceux qui existent déjà. Il est suggéré d’élargir le champ d’application de l’impôt sur les comptes-titres en y incluant les actions nominatives des sociétés cotées ou en abaissant le seuil d’entrée de 1 million d’euros à environ 750 000 euros.

Bien qu’un impôt sur les plus-values existe, il est considéré comme trop récent pour être modifié. D’autres ajustements techniques, tels que la réduction des niches fiscales pour les sociétés d’investissement à capital variable (SICAV) ou l’harmonisation des taux de la retenue à la source sur les titres, sont envisageables mais ne devraient générer que des gains financiers modestes.

Cibler l’immobilier et les biens locatifs

L’immobilier semble être une cible privilégiée. Une proposition qui a fuité suggère d’augmenter le coefficient d’imposition pour les résidences secondaires et les biens locatifs. Comme cela ne nécessite qu’un simple changement de paramètre plutôt qu’une nouvelle structure administrative, il s’agit très probablement d’une « mesure de dernière minute ».

Cependant, les spécialistes avertissent qu’une telle mesure pourrait entraîner une hausse des loyers pour les locataires. Il convient de noter que les résidences principales devraient rester exemptées de toute nouvelle hausse d’impôt.

Cartes de carburant

En ce qui concerne les avantages accordés par les entreprises, le gouvernement examine actuellement les avantages liés aux véhicules de fonction. Si la suppression totale de ce système aurait un impact trop perturbateur sur les salaires, il est envisageable de taxer les cartes carburant, qui offrent actuellement un avantage fiscal aux salariés et aux dirigeants.

Petites modifications

En fin de compte, les experts prévoient que le sommet débouchera sur une série de petits ajustements techniques — ou « mini-mesures » — plutôt que sur des réformes structurelles de grande envergure. En ajustant divers leviers fiscaux et en comblant certaines lacunes, la coalition à cinq partis pourra atteindre son objectif financier tout en permettant à chaque parti de revendiquer une victoire spécifique auprès de ses électeurs.

Ces changements ne seront peut-être pas immédiatement perceptibles pour les contribuables, mais se répercuteront lors des prochains avis d’imposition. (fc)

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