La Belgique et le Congo collaborent à la numérisation des archives géologiques en vue de l’exploitation future des minéraux critiques


Principaux renseignements

  • La RDC souhaite retrouver des données géologiques de l’époque coloniale pour l’exploitation minière des minéraux verts.
  • L’IA peut désormais analyser ces énormes ensembles de données pour identifier les motifs minéraux de manière beaucoup plus efficace.
  • Pour cela, le Congo va collaborer avec la Belgique, même s’il y a des tensions autour de l’accès exclusif aux archives.

La République démocratique du Congo s’efforce de récupérer une immense collection de données géologiques datant de l’époque coloniale. Ces données sont actuellement conservées en Belgique. En effet, ces archives, situées au Musée royal de l’Afrique centrale à Tervuren, comprennent des millions de documents. Il s’agit des carnets de forage, des notes de terrain et des cartes topographiques. Celles-ci ont été compilées entre 1885 et 1960. Les autorités congolaises ne considèrent pas ces archives comme de simples vestiges historiques. Au contraire, elles les voient comme des outils essentiels pour identifier des gisements encore inconnus de minéraux stratégiques tels que le cobalt, le lithium et le cuivre. Ces minéraux sont indispensables à l’énergie verte et aux technologies de pointe.

L’histoire coloniale de la Belgique au Congo

Autrefois, le Congo-Kinshasa était une colonie de la Belgique. Le 15 avril 1877, le roi Léopold II de Belgique envoya une première expédition en Afrique centrale, opérant sous le drapeau de l’Association internationale africaine. Pour faire reconnaître ses prétentions territoriales, Léopold initia des négociations diplomatiques à l’échelle internationale. Il envoya une délégation à la Conférence coloniale de Berlin pour faire délimiter les frontières des zones délimitées par Stanley. Cela a abouti à la signature de l’Acte de Berlin le 26 février 1885, par lequel l’État libre du Congo a été établi. Cette domination s’est accompagnée de l’exploitation du caoutchouc et de mauvais traitements infligés à la population congolaise, y compris la mutilation des mains. La Force publique, l’armée coloniale de Léopold II, a exercé ce régime de terreur.

Parce que ces abus ont été révélés par une enquête internationale, Léopold II a dû céder sa colonie privée à l’État belge en 1908. Toutefois, la répression et l’exploitation sont restées présentes dans la colonie, malgré les investissements dans les infrastructures, la santé et l’éducation. Il y avait de plus en plus de résistance contre la domination coloniale. En octobre 1958, le Mouvement national congolais (MNC) a été fondé. Il se positionnait comme un mouvement national au-dessus des tribus. Dans ce mouvement, Patrice Lumumba a rapidement joué un rôle de leader. En 1960, une conférence de la table ronde eut lieu entre la Belgique et la délégation congolaise. Cette conférence visait à discuter de l’indépendance. À l’origine, un processus pluriannuel devait avoir lieu pour l’indépendance.

Le 30 juin 1960, le Congo est officiellement devenu indépendant de la Belgique. Cependant, la crise congolaise a suivi. Cela s’est accompagné de mutineries de la Force publique et de révoltes dans la province du Katanga. Il y eut également un coup d’État de Mobutu, au cours duquel il destitua le Premier ministre Patrice Lumumba. En 1961, des rebelles du Katanga, avec l’aide de la Belgique, ont assassiné Lumumba.

Rapatriement numérique

Selon The Luxembourg Times et The Financial Times, le ministre congolais des Mines, Louis Watum Kabamba, s’est récemment concerté avec des représentants de l’Union européenne et de la Belgique. C’est pour faciliter ce processus. Ces discussions ont abouti à l’élaboration d’une feuille de route commune. De plus, elles ont mené à la création d’un groupe de travail chargé d’accompagner la numérisation et le transfert des documents.

Le gouvernement belge a confirmé que la numérisation financée par l’UE progresse déjà. De plus, il a affirmé que les fichiers numériques sont progressivement partagés. Cependant, il s’est opposé au transfert physique intégral de la collection. Pour justifier, il invoque des obligations légales relatives aux archives scientifiques publiques.

Le rôle de l’intelligence artificielle

L’importance stratégique de ces données est amplifiée par les technologies modernes. Ces archives datent de plusieurs décennies. Cependant, l’intelligence artificielle et l’apprentissage automatique permettent désormais d’analyser ces vastes ensembles de données pour identifier des schémas minéraux bien plus efficacement que la recherche manuelle.

Cette capacité pourrait potentiellement réduire de plusieurs années le calendrier d’exploration de nouvelles mines. C’est crucial alors que les pays occidentaux cherchent à diversifier leurs chaînes d’approvisionnement en minéraux de transition afin de s’affranchir de la domination chinoise.

Accès aux archives et frictions institutionnelles

Cependant, le processus a été compliqué par l’implication de KoBold Metals, une société d’exploration basée aux États-Unis et financée par Jeff Bezos et Bill Gates. Le gouvernement congolais se soit associé à cette entreprise en 2025 pour numériser et rendre publiques les données historiques à l’aide de l’IA.

Cependant, la Belgique a refusé d’accorder à une entité privée étrangère un accès exclusif aux archives. Cette situation a fait émerger des tensions entre la volonté de la RDC d’accélérer l’exploration minière, l’exigence de la Belgique de maintenir un contrôle public sur le processus et les intérêts commerciaux des entreprises privées.

Les enjeux sont considérables. La RDC concentre plus de la moitié des réserves mondiales de cobalt et compte parmi les plus grands producteurs de cuivre de la planète. La découverte de nouveaux gisements pourrait représenter des milliards de dollars de retombées économiques. Elle renforce l’approvisionnement mondial en batteries, véhicules électriques et autres technologies liées à la transition énergétique. (mv)(fc)

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