Principaux renseignements
- Les partis du gouvernement belge s’affrontent sur la question de savoir s’il faut regrouper les réformes éthiques dans un seul et même projet de loi.
- Le Vooruit menace de soutenir les projets de loi de l’opposition si les lois sur la maternité de substitution et l’euthanasie ne sont pas liées aux restrictions en matière d’avortement.
- Le Premier ministre Bart De Wever doit jouer le rôle de médiateur dans ce conflit afin d’éviter un effondrement politique total.
Le gouvernement fédéral belge est confronté à une crise potentielle alors que les tensions s’intensifient entre les partis Vooruit et cd&v au sujet du traitement de la législation éthique. Le conflit porte sur la question de savoir si plusieurs sujets sensibles doivent être débattus et tranchés dans le cadre d’un ensemble unique ou traités séparément.
Le différend sur le délai d’avortement
Le différend a éclaté lorsque la ministre de la Justice, Annelies Verlinden (cd&v), a présenté une proposition visant à repousser le délai légal d’avortement de 12 à 14 semaines. Alors que certains partis et experts plaident en faveur d’un délai de 18 semaines, un accord avait déjà été conclu lors des négociations gouvernementales pour fixer ce délai à 14 semaines.
Vooruit déplore que cette proposition ait été présentée de manière isolée, arguant qu’un accord existait pour la lier à d’autres dossiers éthiques, notamment les cadres juridiques relatifs à la maternité de substitution et l’extension des lois sur l’euthanasie aux patients atteints de démence. C’est ce qu’annonce VRT NWS.
Revendications de Vooruit
Vooruit considère la décision du cd&v d’isoler la question de l’avortement comme une tactique d’obstruction délibérée visant à ralentir les progrès sur d’autres réformes sociales. Le parti exige que le gouvernement confirme officiellement ce samedi que les trois dossiers éthiques seront traités comme un tout.
Pour faire pression sur le gouvernement, Vooruit a laissé entendre que ses députés pourraient soutenir les propositions de l’opposition visant à repousser le délai d’avortement à 18 semaines si leurs exigences ne sont pas satisfaites.
Le cd&v ne souhaite pas lier ces dossiers entre eux
Le cd&v rejette toutefois ces allégations, niant qu’un « couplage » formel des dossiers ait jamais été convenu. Il fait valoir que des questions complexes telles que l’euthanasie liée à la démence nécessitent une délibération approfondie et ne peuvent être précipitées pour s’inscrire dans un accord global.
Les représentants du parti ont qualifié les menaces de Vooruit de « bluff » et de simple stratégie de communication, suggérant que le parti socialiste se livre à un jeu dangereux en mettant en péril la stabilité du gouvernement.
Médiation du Premier ministre
Pour aggraver encore les tensions, le Premier ministre Bart De Wever a exprimé sa frustration face à la fuite dans la presse de la proposition sur l’avortement avant même qu’elle ne soit discutée en interne, qualifiant cet acte de manœuvre politique. Le Premier ministre est désormais confronté à la difficile tâche de servir de médiateur dans ce conflit lors de la réunion de samedi afin d’éviter une crise politique, d’autant plus que le gouvernement se prépare au processus délicat des négociations budgétaires. (fc)
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