Principaux renseignements
- La ministre de la Justice, Annelies Verlinden (cd&v), propose de repousser le délai légal d’avortement à quatorze semaines.
- Les victimes de viol pourraient bénéficier d’une interruption de grossesse jusqu’à dix-huit semaines.
- Les partenaires de la coalition et les partis d’opposition rejettent ces changements, les jugeant insuffisants.
La ministre de la Justice, Annelies Verlinden (cd&v), a présenté un projet visant à repousser le délai légal pour l’avortement de douze à quatorze semaines. C’est ce qu’indique Belga. Cette proposition vise à concilier les divergences idéologiques au sein du gouvernement De Wever, en trouvant un équilibre entre les perspectives progressistes et conservatrices. La ministre a déclaré que quatorze semaines constituaient sa limite définitive et qu’elle n’était pas ouverte à d’autres négociations.
Exceptions proposées
Dans le cadre de ce projet, une exception spécifique serait prévue pour les victimes de viol, leur permettant d’interrompre une grossesse jusqu’à dix-huit semaines. Pour que cette exception s’applique, un professionnel de la santé ou du social – tel qu’un gynécologue ou un psychologue – doit confirmer les circonstances ; un rapport de police officiel ne serait pas nécessaire. De plus, Mme Verlinden propose de réduire le délai d’attente obligatoire entre la consultation initiale et l’intervention de six jours à deux. Le parti cd&v a l’intention de lier le vote final sur cette loi à l’approbation d’une proposition distincte de la députée Els Van Hoof concernant l’augmentation des subventions pour la contraception.
Frictions au sein de la coalition
Cette proposition s’est toutefois heurtée à une forte opposition de la part du partenaire de coalition Vooruit. Le chef de groupe, Oskar Seuntjens, a fait valoir que ces changements étaient insuffisants, insistant sur une limite de dix-huit semaines et la suppression totale de la période d’attente.
Il a souligné le caractère obsolète des lois actuelles, notant que des centaines de Belges sont contraintes de se rendre à l’étranger chaque année pour accéder aux soins nécessaires.
Réactions vives de l’opposition
L’opposition a également réagi vivement. Le parti Anders a critiqué la proposition pour avoir ignoré les preuves scientifiques et les besoins de la société, citant le fait qu’environ 400 femmes se rendent aux Pays-Bas chaque année pour avorter.
Katja Gabriels, du parti Anders, a en outre reproché à Vooruit de ne pas avoir fait avancer la question de manière plus énergique. De même, Stefaan Van Hecke, du parti Groen, a rejeté la proposition, la qualifiant de position dépassée du parti qui contredit à la fois les majorités parlementaires et le consensus scientifique, et a plaidé en faveur d’une autonomie corporelle totale pour les femmes.
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