Le Premier ministre du Monténégro : « L’adhésion du Monténégro à l’UE pourrait ouvrir la voie à d’autres pays des Balkans »


Principaux renseignements

  • Le Monténégro vise à adhérer à l’UE d’ici 2028 afin de faciliter l’adhésion d’autres pays des Balkans.
  • Les menaces géopolitiques stratégiques émanant de la Russie accélèrent le calendrier d’élargissement de l’Union européenne.
  • Le Premier ministre Milojko Spajić doit mener à bien les derniers volets de réforme pour finaliser son parcours d’adhésion à long terme.

Le Premier ministre Milojko Spajić estime que l’adhésion réussie du Monténégro à l’Union européenne pourrait servir de catalyseur pour d’autres pays des Balkans souhaitant adhérer à l’Union. Lors d’une interview accordée à Euronews à l’occasion d’une réunion politique de haut niveau à Tivat, Spajić a comparé son pays à un « petit biscuit » ou à un échantillon de la région, laissant entendre que si l’UE considérait l’intégration du Monténégro comme une réussite, elle serait plus encline à accepter d’autres candidats.

Faisabilité de l’UE

De hauts responsables de l’UE ont signalé un changement positif dans la dynamique. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré que l’adhésion était désormais presque à portée de main, tandis que le président du Conseil, António Costa, a indiqué qu’une date d’adhésion en 2028 était envisageable.

Le Monténégro est considéré comme un candidat idéal en raison de sa faible population, de son adhésion actuelle à l’OTAN et de sa forte position pro-européenne, autant d’éléments qui simplifient les charges logistiques et financières par rapport à des nations plus grandes.

Le chemin vers l’adhésion

Le chemin vers l’adhésion a été long, la candidature officielle ayant débuté en 2010 et les négociations en 2012. Bien que le pays ait déjà adopté l’euro de manière indépendante, il doit encore mener à bien une série de « clusters » — des paquets de réformes allant de l’écologie à la politique fiscale.

À ce jour, Podgorica a finalisé les négociations sur 14 des 35 clusters requis. Le président Jakov Milatović s’est montré plus confiant, à la suite du récent sommet, quant à la possibilité d’atteindre ces objectifs.

Nécessité stratégique géopolitique

Le contexte géopolitique plus large joue également un rôle dans cette accélération. Von der Leyen a décrit l’expansion vers les Balkans occidentaux comme une nécessité stratégique pour contrer les ingérences extérieures et les menaces hybrides, en particulier celles émanant de la Russie. En réponse, Spajić a souligné l’engagement du Monténégro à renforcer ses capacités de défense et sa collaboration avec ses partenaires pour sécuriser le continent.

Une vision européenne unifiée

De plus, Spajić a noté que la levée des vetos hongrois sur les progrès de l’Ukraine constitue un regain de moral pour tous les pays candidats à l’adhésion.

Il a fait valoir qu’une Europe unifiée est la seule solution efficace aux défis contemporains, notamment l’instabilité énergétique et les vulnérabilités en matière de sécurité.

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