Tous les yeux tournés vers la Fed : semaine décisive pour les taux d’intérêt et le fameux pivot

Cela ne fait aucun doute : ce mercredi, la Fed, la banque centrale américaine, procédera à une nouvelle hausse des taux d’intérêts. Mais les observateurs des marchés estiment que celle-ci sera – relativement – modérée, et que l’institution se rapproche du point où elle inversera la vapeur.

Pourquoi est-ce important ?

La Fed marche sur des œufs : elle doit faire baisser l'inflation quoiqu'il en coûte, mais ce faisant, elle ralentit l'économie, au risque de la faire basculer dans la récession. Chacun de ses gestes est scruté par les marchés du monde entier.

Dans l’actualité : cette semaine, la Fed annoncera une nouvelle hausse des taux d’intérêt ; voilà ce qui est certain. Mais les réflexes de la banque centrale commencent à être connus, ce qui laisse présager une hausse « modérée de points de pourcent. Mais ça ne sera sans doute toujours pas la dernière.

  • Les contrats à terme des fonds fédéraux sur le Chicago Mercantile Exchange indiquent une probabilité de 80 % d’une hausse de 0,5%, relève CNN.
  • Les observateurs des marchés estiment que la Fed se rapproche d’un instant pivot où elle pourra opter pour des hausses bien plus modérées. Pour rappel, la banque centrale a procédé à 3 hausses consécutives de 0,75% en juin, juillet, septembre et novembre, ainsi qu’à deux hausses d’un demi-point plus tôt dans l’année.
  • L’inflation toutefois reste bien présente, même si elle s’est quelque peu tassée. Le gouvernement américain a annoncé vendredi que l’indice des prix à la production avait augmenté de 7,4 % en novembre, sur base annuelle. C’est un peu plus que prévu (7,2%), mais moins que les mêmes chiffres d’octobre (8%). La tendance dans le prix à la production précède généralement le prix à la consommation.

À terme, des conséquences sur l’économie et l’emploi

L’enjeu : « L’inflation a probablement atteint un sommet, mais il se peut qu’elle ne diminue pas aussi rapidement que les gens le souhaitent », estime Kathy Jones, stratège en chef pour les titres à revenu fixe au Schwab Center for Financial Research, citée par CNN.

  • L’économiste estime que la Fed ne pourrait pas opter pour une hausse d’un quart de point avant début 2023. Mais elle admet que la Fed est en train de « se dépatouiller au fur et à mesure. […] L’impact cumulatif de la hausse des taux ne fait que commencer. Par conséquent, la Fed doit ralentir un peu son rythme. »
  • La Fed publiera également mercredi ses dernières projections concernant la croissance du produit intérieur brut, le marché du travail et les prix à la consommation. La probabilité d’un ralentissement économique augmente, et les projections de la Fed pourraient le refléter.
  • En septembre, la Fed prévoyait une croissance du PIB de 1,2 % en 2023, un taux de chômage de 4,4 % et une augmentation des dépenses de consommation personnelle de 2,8 %. Il semble probable que la Fed réduise son objectif de PIB et relève ses prévisions concernant le taux de chômage et les prix à la consommation.
  • L’annonce d’une conférence de presse ce mercredi a déjà un impact sur les marchés, par anticipation. Les actions de la région Asie-Pacifique ont reculé ce lundi, relève CNBC.
  • À plus long terme, il restera encore le 2e pivot. Il s’agit du point à partir duquel la Fed commencera à baisser les taux d’intérêt, pour réchauffer à nouveau l’économie. Ce dernier est beaucoup plus incertain : personne ne sait jusqu’où ira la banque centrale, quel plafond les taux directeurs vont-ils devoir atteindre ? La situation est sensiblement la même en Europe.
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