Facebook a tenté un retour aux sources et s’est planté

Rien ne va plus pour le géant Facebook. Après avoir essuyé plusieurs difficultés en 2021, dont plusieurs scandales et sa plus grosse perte en bourse, l’entreprise de Mark Zuckerberg met fin à l’une de ses expériences facebookiennes, faute de succès.

En 2019, Facebook a tenté un retour aux sources en lançant Campus, une section spécialement conçue pour les étudiants. Une sorte de réseau social à part entière réservé aux étudiants. Ces derniers pouvaient rejoindre le Campus de leur université et échanger avec d’autres membres de leur établissement scolaire, suivre l’actu de leur campus, rejoindre des groupes et participer à des événements ou des salons de discussion en lien avec la vie universitaire. Un concept qui rappelle forcément les premières heures de Facebook.

À ses débuts, la plateforme sociale ne rassemblait que des étudiants d’universités américaines à la base. Elle a d’ailleurs été développée sur le campus d’Harvard. Mais la tentative de Meta de renouer avec son passé n’a pas donné les résultats escomptés.

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué

C’est ainsi que le géant américain a annoncé la fermeture de Campus, à compter du 10 mars prochain. La tentative de Facebook de fidéliser les jeunes utilisateurs n’a pas fonctionné, et ce, pour la simple et bonne raison que la plateforme principale propose une solution beaucoup plus simple et déjà ancrée dans les habitudes des utilisateurs : les groupes.

« Nous avons beaucoup appris sur les meilleures façons de soutenir les étudiants, et l’un des outils les plus efficaces pour les rassembler est les groupes Facebook. Nous avons informé les étudiants des écoles d’essai que Campus ne sera plus disponible et nous leur avons suggéré de rejoindre des groupes Facebook universitaires pertinents », a déclaré une porte-parole de Facebook, Leah Luchetti, dans un communiqué envoyé à The Verge.

Les profils, groupes, publications et tout autre contenu de Campus seront supprimés lorsque la section fermera ses portes. Les utilisateurs peuvent télécharger leurs données en prévision de la mise au placard de Campus.

L’exode des jeunes

Cette plateforme lancée en septembre 2020 dans une trentaine d’écoles américaines, puis dans une soixantaine quelques mois plus tard avait pour but de fidéliser les jeunes utilisateurs, comme dit précédemment. Avec l’arrivée de nouveaux concurrents, dont le mastodonte TikTok, Meta a en effet du mal à attirer et conserver une base d’utilisateurs jeunes. Selon des mémos internes, le nombre d’utilisateurs adolescents de Facebook avait chuté de 13% en 2019, et ce nombre devrait continuer à baisser.

Les recherches de Meta ont également montré que les jeunes utilisateurs interagissaient moins sur son principal réseau social que leurs ainés, ce qui n’est évidemment pas une bonne chose pour l’entreprise. Les interactions sont ce qui fait vivre Facebook, car cela permet aux utilisateurs de voir des contenus qu’ils ne suivent pas vraiment, de réagir à des publications et de favoriser une certaine fidélité, mais cela permet surtout à Meta de collecter des données sur ses membres. Or, le système économique de l’entreprise repose justement sur la vente de ces données personnelles. Si leur quantité diminue, ses revenus aussi.

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