Malgré le buzz, le métavers ne prend pas : il est même en chute libre à Wall Street

Le métavers divise, entre ceux qui y investissent des milliards et ceux qui ne comprennent pas pourquoi on substituerait la réalité pour de la mauvaise 3D. Il s’agit dans tous les cas d’un énorme pari dont Facebook est la tête de gondole. Mais malgré l’agitation, le métavers ne décolle pas à Wall Street.

Commençons par l’un des leaders de l’industrie, le développeur du jeu vidéo Roblox. L’action a chuté de plus de 20% sur les 5 derniers jours après la présentation de mauvais résultats, et de 29% depuis le début de l’année. Certes, le jeu possède 33% de joueurs en plus que l’année dernière, avec un total de 49,5 millions de joueurs, mais les quantités de monnaies virtuelles achetées sont inférieures aux prévisions.

Pourtant, Wall Street y croit. Dans une note adressée à ses clients, l’analyste de la Bank of America, Omar Dessouky, a déclaré que Roblox lui apparaissait comme « un jeune géant de la technologie », et que le métavers « est dans la situation des réseaux sociaux à leurs débuts », rapporte CNN. Roblox a pourtant été créé en 2004 déjà.

Mais selon l’analyste, le développeur à une longueur d’avance en termes de technologies pour créer un monde numérique. Le but à plus long terme est qu’il ne soit plus fréquenté que par des ados. « Nous pensons que les adolescents, et potentiellement les adultes, pourraient considérer Roblox comme une plate-forme polyvalente, similaire à la façon dont les réseaux sociaux étaient perçus, car ils se sont développés au-delà de leur population principale d’étudiants universitaires ».

En attendant, les investisseurs devront avoir les reins solides.

Il en va de même pour Unity Software, une plateforme de création de contenus 3D, récemment racheté par le studio d’effets spéciaux derrière Avatar et The Lord of the Rings. L’action a vu sa valeur s’effondrer de 21% depuis le début de l’année.

Ensuite, il y a bien sûr Meta, qui tente de se sortir de sa mauvaise passe, conséquente à ses mauvais résultats. Cette semaine, Mark Zuckerberg a présenté un peu plus sa vision, s’inscrivant dans une culture d’entreprise plus humaine, alors que la société désignera désormais ses employés sous le nom de « Metamates«  ou « Metapotes » (ce n’est pas une blague). Rappelons que Facebook a plongé de 34% cette année et peine à convaincre sur son projet.

Alors bien sûr, le Nasdaq et les valeurs technologiques ne sont pas dans la forme de leur vie, mais c’est particulièrement vrai pour les entreprises qui font le pari du métavers.

Une révolution sociale

Ces entreprises sont face à un énorme défi: elles doivent nous prouver que le métavers est plus qu’un jeu, pour lequel on mettrait un casque virtuel qui fait mal aux yeux.

Le métavers doit s’inscrire dans une révolution sociale portée par la technologie. Sinon, la plupart des gens passeront leur chemin. Si on fait la comparaison jusqu’au bout avec les réseaux sociaux, ces derniers ont été une révolution sociale qui a pu s’appuyer sur une technologie mobile de premier plan : les smartphones. Aujourd’hui, la technologie autour de réalité virtuelle et de réalité augmentée est beaucoup moins probante.

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