4 infos marquantes qui sont pourtant passées un peu inaperçues en 2020 à cause du Covid-19

Un manifestant dans la capitale biélorusse Minsk – EPA

À l’instar de nombreuses autres publications, Eurasia Group propose une rétrospective de 2020. Mais plutôt que de revenir sur les faits les plus importants de l’année écoulée, le cabinet de conseil en risque politique fondé en 1998 par Ian Bremmer a choisi de compiler quatre faits marquants qui ont été éclipsés par la crise du Covid-19, le Brexit ou encore la présidentielle américaine.

1. L’asservissement du Xinjiang par la Chine

(Photo by Ana Fernandez/SOPA Images/REX)

En 2020, la Chine a enfermé plus d’un million de Ouïghours (sur les 12 millions qui vivent au Xinjiang) dans des camps de rééducation. Les autorités ont soumis les femmes à des stérilisations forcées. Les hommes se sont vu interdire le port de la barbe, tandis que les femmes n’ont plus pu porter le voile. Cette région de la taille de l’Iran a ainsi été transformée en un État ultra-surveillé de type orwellien.

Devenu tout-puissant, le dirigeant Xi Jinping a également mis fin à la démocratie à Hong Kong, renforcé son emprise sur Taïwan et intensifié la militarisation de la mer de Chine méridionale. Trois faits qui ont reçu plus d’attention médiatique que le sort des Ouïghours.

Selon Eurasia Group, Xi Jinping est en train de parvenir à ses fins. Il vise le long terme. Et sait également que l’Occident n’a pas la patience de se concentrer en permanence sur un seul et unique problème. En d’autres termes, l’Ouest fait part de son désaccord et passe ensuite au sujet suivant à l’ordre du jour. Les minorités qui se trouvent dans l’ombre de la Chine ont un avenir sombre devant elles.

2. En Biélorussie, un dictateur a truqué les élections en toute impunité

(Foto: Natalia Fedosenko/Tass/ABACAPRESS.COM)

Alexandre Loukachenko, le dictateur qui contrôle d’une main de fer la Biélorussie depuis 26 ans, a ouvertement falsifié les élections en août dernier. Et les leaders de l’opposition n’ont eu d’autre choix que de fuir à l’étranger pour être en sécurité.

Depuis lors, des centaines de milliers de citoyens sont descendus dans les rues, semaine après semaine. Les services secrets de Loukachenko arrêtent les manifestants pacifiques, qui sont ensuite emprisonnés et torturés. L’Europe et les États-Unis ont mis en place des sanctions. Mais près de cinq mois plus tard, l’homme est toujours au pouvoir.

Selon le cabinet de conseil, la leçon à tirer ici est aussi simple qu’universelle. Quelle que soit la taille des manifestations (Biélorussie, Venezuela, Hong Kong, Thaïlande…), tant que les services de sécurité restent fidèles aux dictateurs, et que des pays comme la Chine et la Russie ne les lâchent pas, les tyrans restent généralement au pouvoir. La pandémie a également détourné l’attention du reste du monde sur la fragilité des démocraties.

3. La rivalité croissante entre la Chine et les États-Unis

Isopix

Sans le Covid-19, la rivalité croissante entre la Chine et les États-Unis serait probablement devenue le fait d’actualité international de l’année. D’un côté, la pandémie a relégué ce conflit au second plan, mais paradoxalement, elle a également exacerbé cette rivalité. Les récriminations mutuelles et incessantes sur les origines du virus constituent ici le plus bel exemple.

On s’attend à ce que le président élu Joe Biden et Xi Jinping tentent dans un premier temps de calmer les choses. Mais Xi sait que Biden va tenter de renforcer le front anti-chinois avec les alliés européens et asiatiques. Hong Kong, la répression contre les Ouïghours et la guerre commerciale offrent des raisons suffisantes pour le faire.

Selon Eurasia Group, le conflit sino-américain est également beaucoup plus complexe que la rivalité qui a caractérisé les relations entre les États-Unis et l’Union soviétique au 20e siècle. La raison n’est pas à chercher bien loin. La mondialisation a rendu les pays beaucoup plus dépendants les uns des autres qu’ils ne l’étaient à l’époque. De plus, des phénomènes comme la crise climatique ou la pandémie n’ont que faire des frontières nationales et autres rideaux de fer.

4. L’émergence du nationalisme hindou en Inde

Narendra Modi – Isopix

Le BJP du Premier ministre indien Narendra Modi tente depuis un certain temps déjà de transformer l’Inde en un État hindou nationaliste. En 2020, les 200 millions de musulmans indiens ont de plus en plus souvent la cible de violences et de harcèlement. Par exemple, ces derniers ont été exclus d’une loi qui protège les minorités ethniques vivant dans les pays voisins de l’Inde. Cela a entrainé des incidents violents entre différents groupes ethniques et religieux.

Modi est également accusé d’avoir peuplé l’État du Cachemire, où les musulmans sont majoritaires, avec des hindous afin de les priver de leur autonomie.

Mais le Premier ministre affirme que le soutien politique dont il bénéficie dans le reste du pays lui donne le pouvoir de déterminer l’avenir de ce géant peuplé de 1,4 milliard d’habitants.