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‘Hong Kong is gone’, la fin d’une cité-État libre

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Politique

02/07/2020 | Dominique Dewitte | 5 min de lecture

EPA-EFE/MIGUEL CANDELA

À Hong Kong, il n’aura fallu que 24 heures pour voir les premières arrestations en vertu de la nouvelle loi sur la sécurité. Dix personnes ont été arrêtées en tout. Selon Zhang Xiaming, le Premier ministre de Hong Kong au Conseil d’État chinois, ils seront transférés en Chine continentale pour y être jugés.

Pékin impose une loi à Hong Kong ‘pour se protéger des séparatistes, des terroristes, de la sape de l’État et des complots des organisations étrangères’. Ce dernier point comprend l’acceptation d’une aide financière de l’étranger dans le but de s’opposer à la République populaire de Chine.

La loi a été rédigée de manière à laisser place à l’interprétation. Par exemple, un chauffeur de taxi qui garde un manifestant hors de la portée de la police peut également être arrêté. La norme pour les infractions à la nouvelle loi sur la sécurité varie de trois à dix ans d’emprisonnement. Pendant ce temps, les activités de la police secrète chinoise dans la cité-État ont été placées dans un cadre juridique et le gouvernement chinois a le dernier mot sur toute affaire pénale.

Ce qui met fin de facto à une ville de Hong Kong démocratique et ouverte en tant qu’État constitutionnel. Que tout cela se soit produit mercredi revêtait un symbole encore plus humiliant. Les Britanniques ont rétrocédé Hong Kong à la Chine, 23 ans jour pour jour, après 156 ans de domination.

Bienvenue au Royaume-Uni

Cela n’a pas échappé à l’attention du Premier ministre britannique Boris Johnson, qui a promis mercredi des visas de cinq ans aux 2,9 millions d’habitants de Hong Kong qui jouissent du statut de Britannique d’outre-mer. Les membres de leur famille sont également les bienvenus. Selon Johnson, l’attitude chinoise est ‘une violation claire et grave’ de la déclaration commune sino-britannique de 1984.

Avec Hong Kong, l’Occident tire une nouvelle leçon du danger d’une dépendance excessive à l’égard de la Chine. Les combats de rue devraient rappeler à l’Occident qu’une Chine de plus en plus puissante respecte de moins en moins les accords qu’elle signe. Dans ce cas-ci, donc, la Joint Declaration, dans laquelle la Chine a promis de laisser le système capitaliste existant et le mode de vie dans la cité-Etat inchangés jusqu’en 2047, selon le principe ‘un pays, deux systèmes’. Quod non.

Kevin On Man Lee/Penta Press/REX – Hong Kong, Chine – 28 May 2020

Le geste britannique ne sera pas suffisant

Les événements de Hong Kong ces derniers mois ne sont pas passés inaperçu ici. Mais l’Occident s’est tenu là et a regardé. Il a laissé Hong Kong se débrouiller seul. Et il est maintenant trop tard. En outre, l’alliance transatlantique s’est tellement affaiblie ces dernières années que l’on ne peut presque ne plus rien attendre d’elle.

Le geste britannique est donc bienvenu, mais il ne suffit pas. Les riches qui peuvent se le permettre déménageront au Royaume-Uni et dans d’autres pays, mais des millions de jeunes resteront. Pour eux, la nouvelle loi sur la sécurité est le dernier clou de leur cercueil.

Source: BusinessAM


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