Ursula von der Leyen en véritable « patriote européenne » pour son discours sur l’état de l’Union

La présidente de la commission européenne a mis l’accent sur ce dont les pays d’Europe peuvent être fiers d’avoir réalisé, en particulier leur politique vaccinale. Mais elle s’est également positionnée sur les enjeux géopolitiques auxquels l’UE devra faire face. Elle appelle les États membres à une plus grand solidarité, tout en se déclarant en faveur d’une armée européenne.

C’est devenu une événement attendu et mené comme un show à l’américaine : ce mercredi, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a présenté son discours sur « l’état de l’Union européenne ». Un modèle de communication qui rappelle énormément les mœurs en vigueur à Washington, où c’est le président qui, traditionnellement, défend ainsi son bilan à la tête du pays.

L’épreuve du vaccin

Et la présidente von der Leyen comptait bien défendre une vision positive, voire enthousiaste, de l’Union et de son propre rôle à la Commission. Elle s’est adressée à son auditoire tour à tour en anglais, en français, en allemand, et même dans un italien parfait. Et elle n’a pas hésité à prendre des accents quasiment patriotiques quand, sur l’épineux sujet de la vaccination contre le coronavirus, elle a fermement défendu le bilan européen: « Nous l’avons fait ensemble, comme une seule union, une seule Europe, dans la plus grande crise économique et la plus grande pandémie. Nous pouvons être fiers de cela. C’est lorsque vous êtes testé, lorsque vous êtes sous pression, que votre âme peut vraiment briller. Et je pense que l’Europe a vraiment montré qu’elle en était capable. »

L’Allemande native d’Ixelles a ensuite évoqué le futur de la lutte contre le coronavirus à l’échelle mondiale. Un combat pour lequel, là aussi, elle réclame la place d’honneur pour l’Union européenne: « Nous avons administré 750 millions de vaccins aux Européens ; nous sommes également la seule région à avoir administré 700 millions de vaccins en dehors de l’Europe, personne ne le faisait pour nous. » Ursula von der Leyen a également fait la promesse de donner 200 millions de doses supplémentaires aux pays qui ne disposent pas de vaccins en suffisance : « Encore moins de 1% des pays en développement ont reçu des vaccins, nous devons nous engager dans ce sens. Team Europe doit faire plus. »

Combattre l’hypercompétivité

Mais la présidente de la Commission a aussi abordé les rivalités nationales qui, selon elle, constituent le plus grand défi à venir pour la stabilité mondiale: « Certaines nations ne reculent devant rien pour gagner en influence. Nous nous dirigeons vers une nouvelle ère d’hypercompétitivité. Une ère de rivalités régionales et de grandes puissances qui recentrent leur attention les unes sur les autres. Les récents événements en Afghanistan ne sont pas la cause de ce changement – mais ils en sont un symptôme. »

Un retrait piteux d’Afghanistan décidé unilatéralement par les États-Unis, qui ont ainsi imposé un calendrier -particulièrement serré- à l’ensemble de leurs partenaires, dont faisaient partie à peu près tous les pays de l’UE dans différentes mesures. Un fiasco stratégique et diplomatique qui ne passe pas à la Commission, et qui a relancé l’idée d’une force d’intervention militaire propre à l’Europe. Celle-ci s’inscrirait dans le cadre de l’Otan, mais regrouperait sous un commandement commun la capacité militaire européenne en vue de traiter avec les États-Unis sur un pied bien plus égalitaire.

Un retour de l’idée d’une Europe militairement autonome qui date des années 1950, et que Ursula von der Leyen juge d’un œil plutôt favorable: « Le fait d’assister au déroulement des événements en Afghanistan a été profondément douloureux pour toutes les familles des militaires, hommes et femmes, qui sont tombés au combat. L’Europe peut – et devrait clairement – être capable et désireuse d’en faire plus par elle-même. Ce dont nous avons besoin, c’est de l’Union européenne de défense », a-t-elle ajouté.

Le sujet devrait être au cœur des débats au cours du premier semestre 2022, lorsque la France, fervente partisane de l’idée, sera chargée de mener les discussions au niveau de l’UE.

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