Une leçon précieuse pour les investisseurs: Pékin ose parfois ne pas tenir ses promesses (et la liste des entreprises chinoises bientôt radiées de Wall Street s’allonge)

Il y a quelques semaines, la Chine a promis de mieux coopérer avec le régulateur américain des marchés boursiers, la SEC, afin de soutenir les IPO (introductions en bourse) de ses entreprises, à l’étranger. Cependant, il semble qu’il y ait déjà un hic.

La Chine a fait quelques promesses fracassantes le mois dernier pour relancer la confiance des investisseurs. Le pays a notamment annoncé qu’il allait coopérer beaucoup mieux avec la SEC afin de mieux soutenir les entreprises chinoises cotées aux États-Unis. Cette annonce est intervenue après une plongée dans le rouge des bourses chinoises. L’une des préoccupations était que les entreprises chinoises menaçaient de perdre leur cotation américaine parce qu’elles ne se conformaient pas aux exigences de la SEC en matière d’audit. Certaines sociétés se trouvent déjà sur une liste, en vue d’être radiées.

Le gouvernement chinois semble avoir réussi son pari, dans un premier temps. Peu de temps après la nouvelle, les actions chinoises ont à nouveau bondi. L’indice Hang Seng China Enterprises, qui suit les principales entreprises chinoises, a augmenté de 23% depuis le 15 mars, la veille de l’annonce du gouvernement chinois. Mais derrière de cette montée en force, la réalité est moins rassurante.

Baidu menacé de perdre sa cotation aux États-Unis

La question est de savoir si les investisseurs n’ont pas réagi avec trop d’enthousiasme. Jeudi, il est apparu que la SEC a ajouté la société chinoise Baidu et sa filiale de streaming iQIY à la liste des radiations, ainsi que trois autres sociétés. Vendredi, l’action Baidu était en baisse de 4,5%, à la clôture de la Bourse en Chine. À la Bourse de New York, l’action a même perdu 8% jeudi.

D’autres entreprises chinoises cotées à la bourse américaine ont également été touchées. Alibaba a perdu 6,7% de sa valeur à la Bourse de New York. A Hong Kong, le géant chinois du commerce électronique a subi une perte de 2,1% jeudi.

Il semble que la Chine interdise pour l’instant aux entreprises de satisfaire les exigences américaines en matière d’audit. Le pays craint que les États-Unis n’aient accès, de cette manière, à des données sensibles. À première vue, il semble que la Chine souhaite surtout donner un coup de pouce aux bourses avec de belles paroles. Il reste à voir si le gouvernement chinois mettra effectivement en œuvre les actions promises.

De plus en plus d’entreprises chinoises achètent leurs propres actions

Richard Martin, directeur général de la société de conseil IMA Asia, a fait remarquer précédemment que ceux qui investissent en Chine devraient d’abord prêter attention aux décisions politiques. « Vous pouvez investir dans le pays. Assurez-vous simplement de comprendre les évolutions politiques et stratégiques », tel est son dernier conseil.

Parallèlement, les entreprises chinoises elles-mêmes tentent de gagner la confiance des investisseurs. Le groupe Alibaba, par exemple, a récemment annoncé qu’il allait porter son programme de rachat d’actions de 15 à 25 milliards de dollars. Le fabricant de smartphones Xiaomi va également racheter des actions pour un montant de 1,28 milliard de dollars. Il en va de même pour JD Health, une boutique en ligne chinoise de produits pharmaceutiques. Cette société a récemment annoncé un programme de rachat de 380 millions de dollars.

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