Un premier pays annule sa participation aux JO de Tokyo ‘en raison du coronavirus’

Les JO de Tokyo doivent débuter le 23 juillet prochain. (The Yomiuri Shimbun via AP Images)

Alors qu’une nouvelle vague de coronavirus s’abat sur le Japon et que le pays éprouve toutes les difficultés du monde à accélérer sa campagne de vaccination, une nation vient d’annoncer qu’elle n’enverrait pas ses athlètes aux Jeux Olympiques de Tokyo. La crise du coronavirus est avancée comme raison officielle, mais les explications sont sans doute plurielles.

Après s’être réuni lundi, le comité olympique de la Corée du Nord a annoncé ce mardi qu’il annulait sa participation aux Jeux de Tokyo. Cette décision a été prise ‘afin de protéger les athlètes de la crise sanitaire mondiale causée par le Covid-19’, a fait savoir le service de communication du ministère des Sports de Pyongyang.

Depuis le début de la pandémie, la Corée du Nord est encore plus isolée du reste du monde que par le passé. S’étant presque totalement fermée au monde extérieur, elle a mis en place des mesures sanitaires ultra-strictes qui ont fait fuir bon nombre d’expatriés. Cette politique a permis, selon les autorités, d’empêcher le virus s’immiscer au sein de la population nord-coréenne. Une déclaration mise en doute par de nombreux experts.

Le ministre japonais des Jeux Olympiques, Tamayo Marukawa, a déclaré aux journalistes que le gouvernement tentait de ‘confirmer les détails’ vis-à-vis de cette annonce de la Corée du Nord relative aux JO, publiée en ligne.

‘Nous continuerons à préparer les jeux en travaillant en étroite collaboration avec les organisations concernées afin que les athlètes de chaque pays et région puissent démontrer leurs meilleures performances’, a sobrement réagi le comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques de Tokyo dans un communiqué.

Conséquences politiques

Pour certains analystes, la décision de la Corée du Nord n’est pas uniquement motivée par la crainte du coronavirus. Il s’agirait avant tout d’un acte politique. Tant le Japon que la Corée du Sud espéraient beaucoup des Jeux de Tokyo.

Le Premier ministre japonais Yoshihide Suga avait déclaré que les JO étaient l’occasion d’avoir des discussions directes avec la Corée du Nord afin de progresser sur la question des enlèvements de ressortissants japonais. Ces évènements s’étaient produits dans les années 1970 et 1980. Depuis lors, le Japon tente d’identifier les personnes enlevées et de les rapatrier.

‘La position du gouvernement selon laquelle nous travaillons de manière proactive et sommes prêts à tenir un dialogue direct reste inchangée’, a déclaré Yoshihide Suga lors d’une conférence de presse, suite à l’annonce de Pyongyang sur les Jeux.

De son côté, la Corée du Sud attendait elle aussi beaucoup de cet évènement. ‘Les Jeux olympiques de Tokyo qui se tiennent cette année pourraient être une opportunité pour des dialogues entre la Corée du Sud et le Japon, le Nord et le Sud, la Corée du Nord et le Japon, et la Corée du Nord et les États-Unis’, avait affirmé le président Moon Jae-in 1er mars dernier.

Le ministère sud-coréen de l’Unification s’est déclaré mardi ‘désolé que la situation due au Covid’ empêche les Jeux de Tokyo d’être ‘une opportunité pour faire avancer la paix dans la péninsule coréenne’.

Pas de Pyeongchang 2.0

En 2018, les Jeux d’hiver de Pyeongchang (Corée du Sud) avaient permis de relancer les discussions entre les deux pays voisins. La sœur de Kim Jong-un, Kim Yo-jong, s’était même rendue sur place. Mais le ravivement de leurs relations avait été stoppé net par l’échec de la rencontre Kim-Trump à Hanoï en février 2019, les États-Unis étant de fidèles alliés de la Corée du Sud.

Depuis l’entrée en fonction de Joe Biden, les relations USA/Corée du Nord ne se sont pas embellies. Lors de leur récente visite en Asie, les diplomates américains ont rencontré leurs homologues chinois lors d’un sommet très tendu. Après cet entretien, la Chine a décidé de raffermir ses liens avec la Russie et la Corée du Nord. Les autorités nord-coréennes se sont elles aussi montrées très peu ouvertes au dialogue avec la nouvelle administration américaine, estimant que Washington adoptait une ‘attitude hostile’ à l’égard de Pyongyang.

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