Le Japon va-t-il laisser ses citoyens choisir leur vaccin préféré ? En 48h, les autorités se désavouent complétement

Le ministre Kono a désavoué le directeur de la campagne de vaccination. (AP Photo/Koji Sasahara)

Dimanche, le responsable de la campagne de vaccination du Japon avait fait une annonce surprenante: les Japonais allaient pouvoir choisir leur vaccin. Deux jours plus tard, le ministre en charge de la vaccination le désavoue.

La campagne vaccinale du Japon a commencé en février. Jusqu’à présent, seules les personnes travaillant dans le secteur des soins de santé sont éligibles. A partir du 12 avril, les personnes âgées de plus de 65 ans entreront dans la danse.

Actuellement, seul le vaccin Pfizer a reçu le feu vert des autorités sanitaires japonaises. Les vaccinés n’ont donc pas le choix. Mais Moderna et AstraZeneca ont déposé une demande d’autorisation d’urgence. Les deux firmes devraient recevoir une réponse prochainement.

Lors d’une émission TV diffusée dimanche, Fumiaki Kobayashi, responsable de la campagne de vaccination du Japon, avait promis que les Japonais pourraient bientôt recevoir le vaccin de leur choix.

‘Nous allons créer un environnement dans lequel les gens auront le choix’, avait assuré Kobayashi. Il avait ensuite ajouté que les autorités mettraient à disposition des citoyens, sur Internet, des informations sur chaque vaccin, afin de rassurer ceux inquiets par les effets secondaires des différents produits.

‘Un commentaire trompeur’

Ce mardi, Taro Kono, le ministre en charge du déploiement des vaccins, a totalement désavoué Kobayashi. ‘Ce commentaire était totalement trompeur. Je voudrais retirer ce commentaire et présenter mes excuses’, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse, rapporte le Japan Times.

M. Kono a également demandé au ministère de la Santé de modifier les informations figurant sur son site Internet, car elles pourraient donner l’impression que les gens peuvent choisir le vaccin qu’ils souhaitent recevoir.

Une campagne ultra-lente

Jusqu’à présent, 890.000 doses de vaccin Pfizer ont été administrées au Japon. Seul 0,7% de la population a reçu au moins une dose. À titre de comparaison, l’Union européenne affiche un taux de 10,7, les États-Unis de 28,6 et le Royaume-Uni de 45,6.

Le ministre Kono a prévenu que cette lenteur allait se poursuivre lors des prochaines semaines, voire des prochains mois, malgré le fait que les plus de 65 ans seront bientôt éligibles.

Parmi les origines de cette lenteur, on retrouve plusieurs explications. La population est assez méfiante vis-à-vis des effets secondaires, les autorités ont donc pris (et prennent toujours) beaucoup plus de temps pour s’assurer de la sécurité des vaccins. Le Japon est également confronté à des problèmes d’ordre logistique et a notamment fait face à une pénurie de vaccins et de seringues spécifiques.

Avec un peu plus de 9.000 décès depuis le début de la pandémie, le Japon s’en sort en revanche très bien en matière de résistance au coronavirus.

Le Japon accueillera les Jeux olympiques entre les 23 juillet et 9 août prochains. Il est déjà établi que les visiteurs étrangers y seront interdits. Les locaux devraient être admis dans les enceintes mais devront suivre un certain nombre de mesures sanitaires de base (masque, distanciation…). En revanche, les décideurs n’ont pas encore fixé de limite quant au nombre de spectateurs qui seront admis sur les différents sites.

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