Les tests rapides vont bientôt débarquer en Belgique; au Japon, ils sont disponibles dans des distributeurs de boissons

Un distributeur automatique de tests salivaires, à Tokyo (Photo by Stanislav Kogiku/SOPA Images/Shutterstock (11778083l)

Vendredi dernier, Alexander De Croo a annoncé miser clairement sur les tests rapides et les autotests pour relancer les activités à l’intérieur, et notamment l’Horeca. Le Premier ministre a dit espérer pouvoir les lancer au printemps. Pendant ce temps, le Japon les a déjà déployés dans des distributeurs automatiques.

En début d’année, le Japon a dû affronter une redoutable troisième vague de coronavirus. Relativement épargné par les deux précédentes, le pays a fait face à un problème que nous avons bien connu en Belgique au début de la pandémie: un manque de tests.

Soucieux d’économiser la main-d’œuvre et les ressources hospitalières, le gouvernement nippon ne réalise que 40.000 tests PCR par jour. A titre de comparaison, la Belgique navigue également dans ces eaux-là… mais avec une population dix fois moins importante.

Le problème japonais du testing était donc réel. Seules les personnes avec des symptômes marqués ou qui avaient été en contact direct avec une personne infectée avaient droit à un test effectué au sein d’une institution sanitaire publique. Les autres devaient se tourner vers des cliniques privées, dont certaines n’hésitaient pas à profiter de la situation pour gonfler leurs prix. D’autres encore tentaient de se tourner vers Internet.

Mais ça, c’était avant que les autorités ne proposent des tests rapides dans des distributeurs automatiques.

Succès total

Le principe est simple. Vous insérez 4500 yens (34 euros) dans un distributeur, vous appuyez sur un bouton, et vous recevez un kit pour effectuer un test PCR depuis votre domicile. Chez vous, il suffit de cracher dans un petit récipient, d’y ajouter 1 à 2 goutte(s) de solution saline, de verser le tout dans un tube, et de l’envoyer à une clinique via une enveloppe préaffranchie. Vous recevez ensuite le résultat de votre test dans les 24 heures, via un e-mail.

Lancés fin janvier, ces tests rapides ont connu un franc succès. A un point tel que chaque distributeur – contenant environ 60 kits – devait être réapprovisionné une à deux fois par jour, a déclaré à Reuters Hideki Takemura, directeur de la clinique ORL Laketown Takenoko, qui a installé sept distributeurs dans la région du grand Tokyo.

Désormais, la troisième vague de Covid-19 s’est totalement affaissée au Japon. Et, logiquement, la demande en tests rapides a elle aussi chuté.

Quand verra-t-on ces tests rapides chez nous ?

La Wallonie et la Flandre sont chacune en train de mener des projets-pilotes de ces mêmes tests salivaires rapides. Ils sont réalisés dans des écoles, auprès des enseignants, sur base volontaire. D’après L’Echo, les deux régions devraient dévoiler très bientôt les premiers résultats de ces projets-pilotes. A priori, la Flandre serait bien plus avancée que la Wallonie.

La Belgique teste aussi les tests antigéniques rapides. Moins précis que les tests salivaires rapides, ils consistent en un prélèvement à l’entrée du nez. Ce test présente les avantages de pouvoir être réalisé par tout le monde, de ne pas nécessiter une analyse en laboratoire et d’offrir un résultat en l’espace de quelques dizaines de minutes. D’après le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke, ces tests antigéniques rapides pourraient commencer à être déployés à plus large échelle à partir des vacances de Pâques.

Il existe également les tests sérologiques rapides, qui consistent en l’analyse d’une goutte de sang. Eux aussi entièrement réalisables à domicile, ils détectent la présence d’anticorps, en un quart d’heure. Problème: pour détecter le virus, il faut attendre une dizaine de jours. Ce n’est donc pas très utile pour isoler une personne contaminée.

L’Allemagne montre la voie

Paradoxe: ce sont ces autotests sérologiques qui sont aujourd’hui autorisés en Belgique. Les autotests antigéniques sont interdits dans toute l’Europe. L’Allemagne a tout de même fait exception à la règle, lançant samedi des autotests antigéniques dans ses supermarchés Aldi, au prix de 24,99 euros le pack de 5 tests. Succès immédiat: bon nombre de magasins se sont rapidement retrouvés en rupture de stocks.

Pour le professeur Herman Goossens, Microbiologiste à l’UZ Antwerpen et Président de la Task force « Testing », de tels autotests devraient bientôt arriver en Belgique.

‘Pour utiliser un test de dépistage comme autotest, il faut une agréation européenne, une procédure qui prend beaucoup de temps, le feu vert ne pourrait arriver qu’en 2022. Alors, la Belgique […] demandera aux fabricants de tests rapides agréés, d’introduire une demande d’agréation auprès de l’Europe pour l’autotest, et en attendant, ils seront autorisés à en vendre dans notre pays’, a-t-il assuré auprès de la RTBF.