Twitter débarque en Afrique, avec déjà une première controverse aux basques

Jack Dorsey, PDG de Twitter, est convaincu que l’Afrique va définir l’avenir en termes de technologie et de bitcoin. (Greg Nash/Pool/Sipa USA)

Twitter va ouvrir son premier siège régional en Afrique, au Ghana. La société veut prendre pied sur l’un des marchés à la croissance la plus rapide au monde.

Twitter a pris la grande décision d’avoir un bureau physique en Afrique, indiquant qu’elle y disposera d’une quantité croissante de talents technologiques dans la région, et qu’il y a beaucoup de potentiel inexploité pour les grandes entreprises technologiques.

‘L’Afrique va définir l’avenir’

60% de la population africaine est âgée de moins de 25 ans et Internet n’y est pas encore très répandu. Selon le bureau de recherche StatCounter, l’utilisation d’Internet par habitant sur le continent est d’environ 39%, alors que la moyenne mondiale est de 59%. Seuls environ 12% des internautes africains ont un profil Twitter.

Dorsey a fait une tournée des entreprises africaines en 2019, puis a annoncé qu’il allait vivre sur le continent pendant plusieurs mois. Toutefois, il n’a pas pu tenir cette promesse à cause de la pandémie.

Le dirigeant de Twitter et de l’entreprise de paiement Square estime que le continent va ‘définir l’avenir’, en termes de technologie et de bitcoin. La couverture Internet s’y développe rapidement, avec les réseaux mobiles à large bande. Les smartphones deviennent également plus abordables, ce qui augmente radicalement le nombre d’utilisateurs parmi la population jeune.

Un choix controversé

Facebook, un des principaux concurrents de Twitter, est présent en Afrique depuis 2015, plus précisément à Johannesburg, en Afrique du Sud. Selon Reuters, un deuxième bureau africain, dans la ville nigériane de Lagos, pourrait bientôt voir le jour. L’entreprise de Marc Zuckerberg a également conclu un accord avec certains géants africains des télécommunications pour construire l’un des plus grands réseaux de câbles sous-marins du monde.

Depuis l’annonce de Twitter, le choix du Ghana a suscité une vive controverse sur Internet. Les utilisateurs nigérians de Twitter, en particulier, ne le comprennent pas. D’une part, il existe historiquement une grande rivalité entre les deux pays. Mais le Nigeria possède également la plus grande économie et le plus grand nombre d’utilisateurs de Twitter en Afrique, ainsi qu’un secteur technologique florissant. À l’instar de l’Égypte, de l’Afrique du Sud et du Kenya, des entreprises technologiques prometteuses y poussent comme des champignons.

Entre-temps, Twitter a déjà réagi à cette chasse aux sorcières. Selon la société, le Ghana a été choisi en raison du bon état de la démocratie dans le pays, de la culture ouverte d’Internet, de la liberté en ligne et de la liberté d’expression. Bien que son bureau sera situé à Accra, Twitter a souligné que le Nigeria resterait son marché cible.

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