Turquie, Grèce, Italie… : combien de temps faudra-t-il aux forêts pour se remettre des incendies ?

Au cours des dernières semaines, de nombreux incendies ont ravagé et ravagent encore aujourd’hui des forêts aux quatre coins du globe. Ces catastrophes « naturelles » sont malheureusement liées à l’activité humaine et au réchauffement climatique qui en découle. Elles pourraient d’ailleurs être de plus en plus fréquentes au cours des prochaines années.

Ces feux ont évidemment des conséquences désastreuses tant sur la faune et la flore locales que sur l’Homme et les infrastructures qu’il a construites. De nombreuses personnes ont en effet perdu la vie en tentant d’éteindre les flammes et les dégâts matériels sont considérables. Il va falloir du temps pour que ces épisodes catastrophes soient digérés par les populations locales, mais aussi pour que les arbres, plantes et animaux repeuplent le paysage.

La vie trouve toujours son chemin

Une fois que l’incendie a pris fin, l’heure est au constat. Il faut en effet observer l’étendue des dégâts. Malheureusement, le spectacle auquel assistent les services de secours ou les locaux est souvent effroyable ; arbres calcinés, jonchés sur le sol, cadavres d’animaux, maisons parties en fumées… La bonne nouvelle, c’est que la vie trouve toujours son chemin.

Une fois que la chaleur le permettra, les insectes, attirés par les odeurs de fumées, vont peu à peu revenir pour se nourrir ou pondre dans les arbres. La prolifération d’insectes va également attirer les oiseaux et autres mammifères. Quant à la flore, les quelques arbres et plantes qui ont survécu vont pouvoir profiter des minéraux contenus dans les cendres de leurs frères et sœurs partis en fumée pour pousser.

Dans les faits, les feux de forêt ne sont pas une catastrophe écologique et sont parfois bénéfiques. Les espèces végétales se sont en effet adaptées au climat méditerranéen et ont besoin du feu pour se propager, se multiplier ou se reproduire. De nombreuses espèces de plantes et d’arbres appartenant à la famille des pyrophytes ont effectivement besoin du feu pour persister. Sous l’effet du feu, certains pins libèrent des graines, alors que certaines plantes résistantes profitent des nutriments des végétaux disparus durant un incendie pour se propager.

Mais si les incendies peuvent profiter à certains plantes et arbres, il faudra énormément de temps – et de chances – pour que la forêt retrouve sa richesse d’antan.

Des dizaines voire des centaines d’années

Il faudra en effet plusieurs années pour qu’une forêt retrouve la structure qu’elle avait autrefois. Cela peut prendre entre 10 et 20 ans, suivant la configuration de la forêt, mais ce ne sera pas tout. Si les végétaux sont à nouveau en nombre, prêt à s’épanouir, que les animaux sont revenus et que de nouveaux arbres (d’une hauteur de 3 à 10 mètres) étendent leurs racines dans le sol, la forêt n’arrivera pas à maturité avant encore de nombreuses années. Il lui faudra en effet près d’un demi-siècle pour arriver à l’âge adulte et le double, au minimum, pour que les arbres atteignent 10 à 20 mètres et que la stabilité de l’écosystème soit totalement rétablie.

La reconstitution d’une forêt primaire – jamais exploitée ni défraichie par l’Homme – prendra encore plus de temps après un incendie. Cela se compte en effet en siècles.

Des incendies trop fréquents

Mais ces scénarios ne seront possibles que si les incendies ne sont pas trop fréquents. Dans le cas contraire, les broussailles qui ont envahi les terres brûlées, les arbres et plantes qui ont survécu aux flammes ne résisteront certainement pas à un nouvel incendie qui arrive trop rapidement. La flore n’aura pas forcément eu le temps de panser ses plaies.

Or, il semblerait que les feux de forêt apparaissent plus régulièrement, et ce, en raison du réchauffement climatique. Si les forêts n’ont pas le temps de se régénérer, l’écosystème pourrait se simplifier. Les garrigues ou les maquis pourraient alors remplacer les grandes étendues d’arbres.

Des impacts insoupçonnés

En cas d’incendies de forêt, ce n’est pas seulement la faune et la flore qui sont chamboulées. Ce type de catastrophes a en effet de nombreuses conséquences sur l’Homme, mais aussi sur la nature et peut d’ailleurs entrainer d’autres catastrophes.

La disparition des arbres et des racines qui solidifiaient le sol favorise les glissements de terrain en cas de fortes pluies. N’ayant plus d’obstacles et le sol étant plus fragile, des torrents de boues peuvent se créer et foncer à toutes allures, entrainant tout ce qu’il y a – ou reste – sur leur passage.

Les arbres jouent également un rôle dans la régulation des températures. En cas de fortes chaleurs, les arbres « transpirent », ils rejettent de l’eau dans l’air ambiant ce qui fait baisser de quelques degrés les températures. Sans eux, les étés peuvent être plus chauds. La qualité de l’air baisse aussi, sans les arbres.

Au niveau de l’activité humaine, la disparition des forêts, lieux de promenade, a un impact sur la vie sociale, mais aussi sur l’activité économique dans certains cas. Les forêts sont une source de bois non négligeables pour certaines activités. Elles représentent également un point fort pour le tourisme et sont un atout pour les villes et villages.

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