Couvrir 20% des terres agricoles européennes de forêts pour éviter sécheresse et canicule

Planter des arbres pour faire pleuvoir. Cela semble trop simple, mais c’est une piste très sérieuse pour enrayer les effets délétères du changement climatique. Mais il faudrait abandonner des terres agricoles, et les effets secondaires seraient surprenants.

Envie de vous impliquer personnellement dans la lutte contre les changements climatiques ? Alors plantez des arbres. Beaucoup d’arbres. Cela peut sonner comme un cliché mais, selon une nouvelle étude publiée dans la revue Nature, favoriser la reforestation de l’Europe permettrait d’augmenter la pluviosité sur le continent à très court terme. Et si l’idée de vivre dans une région du monde soumise à plus de pluies en été ne semble pas très engageante pour les Belges, c’est oublier que l’Europe traverse chaque année des périodes de canicule de plus en plus intenses, et que la sécheresse est devenue un danger généralisé. Y compris en Belgique, d’ailleurs : depuis 2017, le pays est victime d’un manque d’eau structurel: c’est comme si, sur ces quelques années, il n’avait pas plus une goutte pendant 6 mois consécutifs. Avec des conséquences désastreuses sur l’élevage et l’agriculture, mais aussi sur le tourisme, certains cours d’eau des Ardennes ne permettant plus le passage des kayaks ! Or, après la température, la présence d’eau est le second élément qui a le plus d’incidence sur le climat d’une région.

Le retour de la forêt

Pour contrecarrer l’aridification de l’Europe, il suffirait de convertir en forêt 20% des terres disponibles, agricoles, pour la plupart. Cela peut paraître beaucoup, et contre-productif si l’on veut sauver la production alimentaire européenne, mais le recours à des cultures moins extensives et plus productives sur des surfaces réduites rend possible cet abandon de terres arables. Sans compter les progrès scientifiques en matière de culture hors-sol ou verticale. Ainsi, on obtiendrait 7,6% de pluies supplémentaires sur l’Europe, qui tomberaient sur les forêts mais aussi sur les zones environnantes, grâce aux vents. Et qui abreuveraient donc des cultures qui en ont grand besoin.

La présence de forêts denses augmente la quantité de précipitations sur une région, et sur les zones voisines. Un phénomène observé partout dans le monde, mais pas complètement expliqué : on pense que les arbres font obstacle à la circulation des perturbations atmosphériques, les accumulant sur une zone jusqu’à ce qu’elles deviennent pluie. Les zones boisées sont aussi statistiquement plus froides en été et plus douces en hiver, les arbres ayant un effet isolant. De quoi atténuer les effets du réchauffement climatique, d’autant plus que les arbres absorbent du CO2.

Des hivers plus blancs

Par contre, si cette méthode est aussi réaliste que simple à mettre en œuvre, elle comporte le risque d’un effet secondaire pas négligeable : si elles attirent les pluies l’été, les forêts ne disparaissent pas l’hiver, et elles pourraient bien favoriser aussi les chutes de neige. Une éventualité à prendre en compte, mais qui n’est pas forcément une mauvaise nouvelle pour certaines régions : la neige peut attirer le tourisme. Et puis c’est une manière d’offrir des Noëls blancs à nos enfants.

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